Orange présente son plan d’urgence pour le réseau cuivre

Orange a présenté le 21 mai 2021 ses mesures pour tenter de réduire les coupures de réseau subies par de nombreux utilisateurs du cuivre. L’opérateur s’est engagé à maintenir ses investissements, à renforcer ses effectifs et à proposer des solutions de secours en cas de panne durable, et à mieux associer les élus locaux. 

Le Premier ministre, Jean Castex, accompagné du secrétaire d’Etat aux communications électroniques, Cédric O, était en déplacement le 21 mai 2021 à Aouste-sur-Sye dans la Drôme pour présenter le plan d’Orange visant à améliorer la "qualité globale" du réseau cuivre "et "soulager les zones en souffrance".

22 départements prioritaires

Il aura fallu de longs mois de négociation pour que le gouvernement obtienne ces "engagements pour la qualité de service du réseau cuivre". L’opérateur va ainsi maintenir son effort financier à hauteur de 500 millions d'euros annuels jusqu’en 2023, un montant identique aux années précédentes mais pour un nombre de lignes qui décroit. Orange va concentrer ses efforts sur 22 départements plus particulièrement affectés par des pannes en mobilisant 10 millions d’euros supplémentaires. Afin de gagner en réactivité, Orange va recourir à l’intelligence artificielle pour mettre en place de la maintenance prédictive et renforcer ses équipes d’intervention en recrutant 123 techniciens supplémentaires (+30%).

Solutions de secours

En cas de panne, une solution de secours devra être proposée par l’opérateur "sous 24 heures maximum" à partir du signalement de l’incident, le délai maximal de rétablissement du service restant cependant de 48h. Concrètement, les abonnés privés de téléphone fixe et dépourvus de mobile pourront se faire prêter un appareil. Si la zone n’est pas couverte en 4G et si plusieurs foyers sont concernés, Orange mettra gratuitement à disposition une solution couplant satellite et wifi au niveau de la mairie. Selon un mode opératoire – en l’absence de réseaux de communication fonctionnels – qui reste encore à préciser.

Pas de sanctions

Le choix de la Drôme pour ces annonces ne doit rien au hasard. Il s’agit du département d’où est partie une pétition signée par plusieurs centaines d'élus ruraux parmi lesquels la députée Célia de Lavergne (LREM). Celle-ci fustigeait "l’abandon" des territoires dépendant du cuivre, certaines communes pouvant être privées de téléphone et d’internet pendant plusieurs semaines. Le gouvernement lui avait d'ailleurs confié une "mission flash" pour remédier aux pannes et coupures (notre article du 10 février 2021). Si bon nombre de propositions de la députée ont été retenues, elle n’a pas été suivie sur la mise en place de sanctions financières en cas de manquements répétés.

Concertation locale et nationale

La députée de la Drôme a en revanche été entendue sur la concertation. Des comités de concertation départementaux vont ainsi être mis en place par les préfets. Ils rassembleront les représentants des élus locaux et l’ensemble des opérateurs. Outre le cuivre, ce comité sera compétent sur tous les sujets de connectivité fixe et mobile. En clair, ils pourront aussi traiter des problèmes de déploiement de la fibre à domicile (mode Stoc), d'élagage, de facilitations… ou d'atteintes aux équipements télécoms. Parallèlement, un comité national sur la qualité du réseau cuivre rassemblera des représentants de l’opérateur, de l’Etat, de la commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) et des associations d’élus. Enfin, l’opérateur va désigner un référent cuivre, interlocuteur unique des élus sur ce dossier.

Dispositif transitoire

Ce dispositif répond globalement aux demandes des élus ruraux mais on relèvera son caractère transitoire. Orange a en effet accepté de prolonger de trois ans un dispositif qui relevait de ses obligations de service universel, ce dernier ayant pris fin en théorie en novembre 2020. Et malgré l’adoption d’un nouveau cadre juridique (notre article du 19 novembre 2020) fin 2020, on ne connait toujours pas le mode opératoire de ce nouveau service universel des télécoms. Par ailleurs, les pouvoirs publics sont toujours dans l’attente d’un plan détaillé de la part d’Orange sur la dépose du réseau cuivre. Ce chantier doit démarrer en 2023 pour s’achever en 2030, selon les objectifs fixés par Orange. Si plusieurs expérimentations locales sont en cours, ses modalités "d’industrialisation" et la manière dont les collectivités seront associées restent inconnues.

Les installateurs s’engagent sur la qualité des raccordements fibre

Les problèmes de qualité ne concernent pas que le réseau cuivre mais aussi de plus en plus la fibre avec un nombre d’échec de raccordement qui atteint 25% de demandes. Comme sur le cuivre, le gouvernement a choisi de privilégier des engagements volontaires des industriels plutôt qu'une approche plus coercitive. Après un accord des opérateurs commerciaux sur le nouveau contrat Stoc (notre article du 4 mars 2021), la fédération InfraNum a détaillé le 25 mai les engagements des installateurs annoncés lors du dernier Trip de l’Avicca. Les installateurs promettent ainsi de se limiter à un seul niveau de sous-traitance, à privilégier des techniciens locaux et la mise en œuvre d’un plan de formation.

 

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