Panne des numéros d’urgence : un audit demandé par le gouvernement

Une panne sur les infrastructures d’Orange a gravement perturbé l’acheminement des communications vers les numéros d’urgence liées. Un incident jugé "inacceptable" par le gouvernement qui a demandé un audit indépendant. Il met en lumière la nécessité de réformer les numéros d’urgence comme de continuer à maintenir le réseau cuivre.

Dans la journée du mercredi 2 juin 2021, l’acheminement des numéros d’urgence - les 15-17-18-112 qui drainent chaque jour plus de 150.000 appels - a été gravement perturbé sur l’ensemble du territoire ainsi que sur l’île de La Réunion. Si des numéros transitoires fixes et mobiles ont été mis en place en fin d’après-midi, de nombreuses personnes se sont retrouvées dans l’incapacité de joindre les secours. Selon un bilan provisoire, trois personnes seraient décédées faute d’avoir pu être prises en charge à temps.

Routeur défaillant

Qualifié "de grave et d’inacceptable" par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, l’incident serait imputable à la défaillance d’un logiciel de routage d’Orange. L’opérateur historique est en effet chargé de l’acheminement des communications d’urgence de l’ensemble des opérateurs au titre de ses obligations de service universel. Son PDG, Stéphane Richard, a été convoqué jeudi matin pour s’expliquer de défaillances jugées "inédites" par le gouvernement. Si Orange a assuré avoir réglé le problème dans la nuit, "dix à onze régions" connaissaient encore des perturbations jeudi selon le ministre de la Santé, Olivier Véran. Les numéros temporaires ont du reste été maintenus jusqu’à vendredi.

Audit indépendant

Le secrétaire d’État aux communications électroniques, Cédric O, a annoncé le même jour un "audit indépendant" pour faire toute la lumière sur l’incident, associant notamment l’Anssi, sur le volet sécurité, et l’Arcep, au titre de son contrôle des obligations des opérateurs. À ce stade, "rien n’indique qu’il s’agisse d’une cyberattaque" a cependant assuré le secrétaire d’État. L’incident tombe mal pour l’opérateur historique. Celui-ci est accusé de ne pas assurer correctement la maintenance du réseau cuivre, avec des pannes pouvant durer plusieurs semaines, même si un plan tout récent promet d’y remédier (voir notre article du 25 mai).

Numéro unique ou pas

L’enquête diligentée par l’État permettra par ailleurs d’éclairer sur l’opportunité de substituer aux différents numéros d’urgence le 112 comme le suggère la proposition de loi du député Fabien Matras. Le texte, adopté à l’unanimité le 27 mai 2021 en première lecture (voir notre article du 28 mai) prévoit une expérimentation sur le 112 sans supprimer les autres numéros dans un premier temps. Le projet est cependant vivement critiqué par le Samu et les hospitaliers craignent que ce système accroisse les délais de prise en charge des patients (voir notre article du 1er juin). Elle a en revanche le soutien des sapeurs-pompiers. La FNSP a du reste profité de l’occasion pour appeler le 3 juin à "une profonde réorganisation de la réception des appels d’urgence" alliant numéro unique, plateformes départementales, redondances techniques et un meilleur usage des réseaux sociaux.

 

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