Pass sport 2026 : élus locaux et mouvement sportif veulent des éclaircissements rapides
Modifié à plusieurs reprises ces derniers mois, le Pass sport n'a pas encore publié ses modalités de fonctionnement pour la saison qui s'ouvre début septembre. Élus locaux et responsables sportifs demandent au gouvernement d'en préciser les règles au plus vite.
© Adobe stock
À un mois et demi de la rentrée sportive 2026-2027, le Pass sport est dans le flou. Cette aide financière qui permet aux jeunes bénéficiaire de l'allocation de rentrée scolaire de financer une partie de leur inscription dans 85.000 clubs et salles de sport n'a en effet fait l'objet d'aucune annonce claire depuis des mois, et les élus locaux comme les responsables sportifs s'en inquiètent.
Pour comprendre cet imbroglio, il faut remonter à juin 2025, date à laquelle le Pass sport est reconduit pour une nouvelle saison avec deux changements majeurs : le montant de l'aide passe de 50 à 70 euros, mais les enfants de 6 à 13 ans sont écartés du dispositif (lire notre article du 24 juin 2025). Cette éviction des 6 à 13 ans suscite alors de vives réactions, au point qu'un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2026 rétablit finalement le droit au Pass sport pour cette classe d'âge (lire notre article du 26 janvier 2026).
Cependant, ni la ministre des Sports, Marina Ferrari, dans une réponse du 7 avril à une question du député Jean-Philippe Nilor, ni la dernière mise à jour des pages du ministère des Sports consacrées au Pass sport, datée du 16 juillet, ne précisent le montant de l'aide ou la liste des bénéficiaires, contrairement à ce qui était la règle pour la campagne précédente. Et le tout alors que le ministère des Sports a vu son budget raboté de 2,6 millions d'euros le 11 juin dernier et que le gouvernement doit annoncer prochainement d'autres coupes budgétaires (lire notre article du 7 juillet).
"Décourager les familles et compliquer la tâche des clubs"
Devant un tel flou, l'Association des maires Ville & Banlieue de France (AMVBF), le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) ou encore la Fédération française de judo alertent. "Le retour du Pass sport pour les enfants de 6 à 13 ans [...] constitue une bonne nouvelle. Encore faut-il que cette annonce se traduise rapidement par des décisions claires", écrivent-ils dans un communiqué cosigné par quelque soixante-dix élus locaux et responsables fédéraux. Puis ils estiment qu'"à quelques semaines de la rentrée, il est inacceptable que les familles, les clubs et l'ensemble du mouvement sportif ne sachent toujours pas quelles seront les modalités d'attribution et d'utilisation du dispositif".
Dans leur communiqué, Ville & Banlieue et le CNOSF s'interrogent encore sur le rôle de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) "pressentie pour piloter le dispositif", sans que l'on sache selon quelles modalités. "Si l'objectif était de rendre le Pass sport inefficace, de décourager les familles et de compliquer la tâche des clubs, il serait difficile de s'y prendre autrement", poursuit le communiqué, avant de conclure en appelant le gouvernement "à publier sans délai les modalités du Pass sport 2026, afin que les familles et les clubs puissent préparer la rentrée dans de bonnes conditions".
Instauré en 2021, le Pass sport avait fait un bond en avant en termes d'exécution budgétaire en 2024, avec 79 millions d'euros dépensés sur 85 millions disponibles. Son resserrement autour des 14-17 ans en 2025 a conduit à l'activation de seulement 444.023 pass, contre 1,65 million en 2024, et à une exécution budgétaire de 36,7 millions d'euros, soit une baisse de plus de 50%, selon le dernier rapport spécial du Sénat portant sur la mission sport, jeunesse et vie associative.
Dans une déclaration écrite envoyée ce 17 juillet au quotidien Le Monde et confirmée à l'AFP par son cabinet, Marina Ferrari assure que "le Pass'Sport sera bien au rendez-vous de la rentrée, sous une forme renouvelée". "Nous finalisons actuellement les modalités opérationnelles de ce partenariat afin de garantir une mise en oeuvre efficace et adaptée dès la rentrée", ajoute la ministre.