Personnes âgées : un arrêté autorise l'expérimentation de dispositifs renforcés de soutien au domicile

Un arrêté publié au Journal officiel du 16 octobre autorise, pour une durée de trois ans, l’expérimentation de "dispositifs renforcés de soutien au domicile" (Drad) pour les personnes âgées. Cette expérimentation innovante en santé est portée par trois organismes : la Croix-Rouge française, le groupe HSTV (groupe d’établissements de santé privés à but non lucratif) et la Mutualité? française. L'arrêté est accompagné en annexe du cahier des charges de l'expérimentation.

L'objectif affiché est de "soutenir le choix de rester chez elles que font les personnes âgées dont l'état de santé ou la perte d'autonomie pourraient nécessiter en d'autres circonstances une admission en Ehpad". Il s'agit donc de proposer, au domicile, une prise en charge et un accompagnement d'un niveau qui s'approche de celui assuré au sein d'un établissement, afin de procurer un environnement "sécurisé et satisfaisant".

L'approche couvre donc des prestations et services sociaux, médicaux, d'activités et d'accompagnement choisi et coordonnés. Elle implique les Ehpad, qui "mettent à disposition leur expertise gériatrique d'accompagnement, de soin et de prévention des risques", les Ssiad (services de soins infirmiers à domicile), les Saad (services d'accompagnement à domicile), les Spasad (services polyvalents d'aide et de soins à domicile)... Elle suppose, par ailleurs, un partenariat avec d'autres acteurs comme les professionnels de santé libéraux et salariés, les établissements et services de santé, sociaux et médicosociaux...

La population concernée est celle des personnes âgées en situation de perte d'autonomie, qu'elle soit physique ou cognitive. L'expérimentation vise plus particulièrement les situations de retours d'hospitalisation, d'inadaptation du logement ou d'absence d'aidant à proximité. Les critères d'inclusion sont un degré de perte d'autonomie correspondant aux GIR 1 à 4 (donc une dépendance moyenne à importante) et une vulnérabilité "ne permettant pas un maintien à domicile dans de bonnes conditions". L'expérimentation devrait porter sur 589 personnes répondant à ces critères, réparties sur l'ensemble du territoire métropolitain.

L'objectif principal de l'expérimentation est de renforcer et d'améliorer la qualité de l'accompagnement à domicile, mais aussi de lutter contre l'isolement de la personne âgée et des proches aidants et d'assurer une continuité dans l'accompagnement des parcours de vie, afin de retarder la progression de la perte d'autonomie. Comme souvent dans ce type d'approche transversale et globale, la multiplicité des intervenants conduit à des schémas d'intervention relativement complexes, comme en témoignent les nombreux tableaux et ordinogrammes du cahier des charges. L'un des enjeux de l'expérimentation sera donc de mesurer les bénéfices – probables – des "dispositifs renforcés de soutien au domicile", mais aussi de s'assurer de leur soutenabilité. Son coût total est évalué à 21,38 millions d'euros, soit une dépense moyenne de 1.004 euros par personne âgée prise en charge.

Références : arrêté du 5 octobre 2020 relatif à l'expérimentation de dispositifs renforcés de soutien au domicile (Drad) pour les personnes âgées (Journal officiel du 16 octobre 2020).

 

 

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