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Emmanuel Macron écarte un confinement drastique dans les Ehpad et veut rassurer sur le projet de loi Grand âge

Visitant mardi un Ehpad dans le Loir-et-Cher, le chef de l'Etat a exclu un nouvel "isolement" des résidents et a indiqué que des "règles" seront édictées à l'attention des responsables d'établissements. Il en a profité pour assurer que  son objectif est de présenter le projet de loi Grand Âge et autonomie "dès le début de l'année prochaine".

Le 22 septembre, Emmanuel Macron a visité l'Ehpad "La Bonne Eure" à Bracieux (Loir-et-Cher). À cette occasion, et face à la remontée de la pandémie, il a tenu à "envoyer un message le plus clair possible à nos aînés". Le chef de l'État a notamment affirmé que "nous ne souhaitons pas isoler à nouveau nos aînés". Cette déclaration intervient alors que l'incertitude règne sur la situation des Ehpad, avec une multiplication des clusters (178 en cours d'investigation selon une réponse d'Olivier Véran lors des questions au gouvernement du 22 septembre), et que les réactions des autorités locales se font en ordre dispersé (voir notre article ci-dessous du 15 septembre 2020).

Tandis qu'une infirmière de l'Ehpad expliquait le sentiment d'enfermement et d'isolement engendré par le confinement du printemps – à l'origine du redouté "syndrome de glissement" –, Emmanuel Macron a affirmé qu'il faut permettre aux personnes âgées de "continuer à voir la famille, celles et ceux qu'on aime, et continuer à avoir [...] un minimum d'activité, de continuer à avoir des interactions parce que c'est aussi cela la vie". L'accent doit donc être mis avant tout sur la responsabilité de chacun – et notamment des familles – mais aussi sur le strict respect des gestes barrières. Face aux interrogations des résidents, des familles et des personnels, le chef de l'État a néanmoins indiqué que "nous allons accompagner les responsables d'établissements pour que des règles soient édictées, qui permettent justement une réaction proportionnée".

Emmanuel Macron a également profité de cette visite pour faire un point sur un sujet qui commence à créer des tensions dans la majorité : le projet de loi Grand Âge et autonomie. Tout est parti d'une réponse de Jean Castex le 15 septembre, devant les élus de la majorité. Le Premier ministre a en effet annoncé un report de fait de l'examen de ce projet de loi – initialement annoncé pour la fin de l'année, après de multiples reports (voir notre article ci-dessous du 17 juin 2020) –, en indiquant que ce texte serait présenté "avant la fin de la législature", ce qui va jusqu'au premier trimestre 2022. Pour sa part, Brigitte Bourguignon a confirmé, devant les Assises des Ehpad le 17 septembre, qu'il n'y aura pas de texte d'ici la fin de l'année et pas avant la tenue du "Laroque de l'autonomie" (voir notre article ci-dessous du 30 juillet 2020). Une position confirmée dans l'interview donnée par la ministre déléguée chargée de l'autonomie au JDD du 20 septembre, en faisant valoir que "le travail n'est pas abouti".

S'il était déjà évident que le projet de loi ne pourrait pas être examiné avant 2021, compte tenu de l'encombrement du dernier trimestre parlementaire par le PLF et le PLFSS, l'annonce qu'il ne sera pas prêt avant la fin de l'année constitue bien un nouveau report. Un groupe de 77 députés LREM, menés par Annie Vidal (députée de la Seine-Maritime), a donc adressé un courrier au Premier ministre pour souligner "l'impatience" des parlementaires et insister "sur la nécessité de mettre à l’agenda parlementaire dès janvier 2021 le projet de loi Grand âge et autonomie".

Face à cette inquiétude, Emmanuel Macron s'est donc voulu rassurant, en indiquant que son objectif est de présenter le projet de loi "dès le début de l'année prochaine". Il a aussi promis qu'il s'agira d'"une réponse globale extraordinairement ambitieuse" sur les enjeux du grand âge. Cette loi "très concrète" devrait permettre de "revaloriser des métiers qui ne sont pas suffisamment valorisés", mais aussi de trouver une meilleure organisation entre les établissements et l'hospitalisation à domicile.

 

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