Polices municipales : l'Île-de-France dans la moyenne
Une étude de l'Institut Paris Région montre que, rapporté à la population, le nombre de policiers municipaux en Île-de-France n'est pas plus élevé que dans le reste du pays. Et encore a-t-il été fortement tiré vers le haut par la création de la police municipale parisienne et une forte croissance des effectifs en Seine-Saint-Denis sur la dernière décennie. Les polices intercommunales semblent en revanche se développer plus fortement dans la région qu'ailleurs, tout en présentant des profils très variés.
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Pas plus de policiers municipaux en Île-de-France que dans le reste du pays. Le constat, tiré par l'Institut Paris Région à partir des bases de données (portant sur 2024) du ministère de l'Intérieur dans une nouvelle note, pourrait surprendre. D'autant plus que l'étude enseigne que 42% des communes franciliennes sont couvertes par un service de police municipale, "soit un niveau très largement supérieur à la moyenne nationale (10%)". Ce taux s'élève même à 86% si l'on retient uniquement les communes franciliennes de plus de 2.000 habitants, et à 95% en ne comptabilisant que celles de plus de 5.000 habitants.
100% de la population de Seine-Saint-Denis désormais couverte
Et pourtant, si l'Île-de-France concentre plus d'un cinquième des effectifs totaux (22%), cela correspond peu ou prou à son poids démographique (19%), notent les auteurs de l'étude. Avec 6.450 policiers municipaux (sans compter par ailleurs 1.947 agents de surveillance de la voie publique et 20 gardes champêtres), la région comptait ainsi 5,7 agents pour 10.000 habitants en 2024, "au même niveau que la moyenne nationale". Et encore, ces chiffres résultent-ils d'un "élément déterminant" : la création de la police municipale de Paris, en 2021. Laquelle comprenait 1.750 agents en 2024 (et 2.200 en 2025), loin devant Marseille (540 agents), Nice (411), Toulouse (390) et Lyon (282). Cette création a largement contribué à la forte hausse des effectifs observée dans la région en dix ans : +92%, contre "seulement" +40% hors Paris. La capitale n'est toutefois pas la seule à tirer la moyenne vers le haut, puisque les effectifs ont bondi de 72% sur la même période en Seine-Saint-Denis. Un département où, désormais (jusqu'ici ?), 100% des habitants sont couverts par un service de police municipale, surpassant ainsi les Hauts-de-Seine (99%). Le taux est de 92% pour l'ensemble de la région (vs 64% en 2014), dorénavant tiré vers le bas par la Seine-et-Marne (75%), alors qu'il oscille entre 88 et 94% pour les autres départements franciliens.
Essor de la mutualisation
Autre tendance mise en lumière par les auteurs de l'étude, une percée de la mise en commun des policiers municipaux dans la région, qui peut prendre trois formes :
- des polices intercommunales, structures qui "peinent à se développer massivement à l'échelle nationale" mais qui prennent de l'essor en Île-de-France ;
- la mutualisation dans le cadre de syndicats de communes dédiés, possibilité introduite par la loi dite Sécurité globale de 2021 (lire notre article). L'étude en identifie deux dans la région : le syndicat intercommunal de prévention et de police de Plaisir et des Clayes-sous-Bois (78) et le syndicat intercommunal à vocation unique de police de Mandres-les-Roses, Santeny, Périgny-sur-Yerres et Marolles-en-Brie (94) ;
- des "polices pluricommunales", instaurées via des conventions entre communes limitrophes qui mettent en commun personnels et moyens. 64 communes franciliennes auraient passé de telles conventions.
Des polices intercommunales elles aussi hétéroclites
L'étude enseigne encore qu'à l'image des polices municipales, les profils de ces polices intercommunales sont très variés. Ainsi celle de Val Parisis (95) intervient uniquement le soir et la nuit, en complément des polices proprement municipales en journée ; celle de Plaine Vallée (95) offre une gestion mutualisée des effectifs et équipements, mais conserve des implantations municipales sur le plan opérationnel, quand celle du Pays de Meaux (77) opère sur les communes périphériques de l'agglomération, mais pas dans la ville-centre, qui dispose de sa propre police (lire notre article du 26 octobre 2022).