décentralisation - Politiques culturelles : la répartition des compétences Etat/collectivités toujours d'actualité

Le spectacle vivant et la suite à donner aux entretiens de Valois de février dernier étaient au programme de la rencontre entre Christine Albanel et Michel Destot, le 10 avril. Le président de l'Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) et député-maire de Grenoble a demandé à la ministre de la Culture que "soit engagée, sans délai, une remise en ordre concertée des politiques publiques, dans un souci de rééquilibrage territorial, en particulier au profit des grandes villes", indique l'AMGVF dans un communiqué. Michel Destot a mis en avant le fait que les collectivités locales étaient les principaux financeurs des politiques culturelles dans un contexte "d'enchevêtrement des différents dispositifs" qui ne prend pas en compte les réalités "auxquelles les élus locaux et notamment les maires, situés en bout de chaîne des politiques publiques, sont confrontés quotidiennement". A l'issue des entretiens de Valois, six groupes de travail ont été mis en place, l'un d'eux est plus particulièrement consacré à la question des compétences respectives et des partenariats entre l'Etat et les collectivités territoriales. Ce dispositif n'est certainement pas jugé suffisant car Michel Destot et Christine Albanel ont souhaité que "soit réactivé le Conseil des collectivités locales pour le développement culturel" créé en 2002 par Catherine Trautmann, alors ministre de la Culture. Ce conseil était destiné, entre autres, à examiner les responsabilités respectives de l'Etat et des collectivités territoriales et à renouveler le partenariat au profit de la création artistique et du développement culturel. Il était également prévu d'"inventer un nouveau paysage contractuel et [d'] aborder le sujet d'une nouvelle répartition des compétences". Sept ans après, l'ordre du jour pourrait être le même puisque, "au regard du contexte financier, la question ne porte pas seulement sur les moyens, mais sur la coordination nécessaire entre les différents acteurs, Etat, collectivités locales et autres partenaires", a indiqué Michel Destot.

 

Catherine Ficat


La position de l'Association des régions de France (ARF)
La ministre de la Culture doit également recevoir, le 15 avril, Alain Rousset, président de l'ARF et président du conseil régional d'Aquitaine. Insistant sur les conséquences budgétaires du gouvernement - "baisse sensible du budget de l'Etat, notamment dans le domaine du spectacle vivant, réductions drastiques pour les crédits du patrimoine, diminution dramatique des aides accordées dans le cadre de la politique de la ville..." -, l'ARF a l'intention de rappeler à la ministre que "le rôle des collectivités régionales ne saurait être réduit à suppléer le désengagement de l'Etat". Selon le communiqué de l'association, Alain Rousset insistera lui aussi sur la nécessité de faire reposer la politique culturelle "sur des accords clairs et responsables entre l'Etat et les collectivités locales".

Référence : arrêté du 18 février 2002 portant création du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel.

 

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