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Sports - Pour L'Isle-Jourdain, terre de vélo, le Tour de France n'est qu'une étape

Le parcours du Tour de France 2016 vient d'être révélé ce mardi 20 octobre. Parmi les villes-étapes inédites du parcours, L'Isle-Jourdain vit avec le cyclisme une histoire d'amour particulière. Pour la commune du Gers, l'accueil de la Grande Boucle n'est qu'un élément d'une stratégie de long terme qui entend faire rimer sport et économie.

Cela faisait quatre ans que L'Isle-Jourdain et ses 7.679 habitants l'attendaient. Qui donc ? Le Tour de France. C'est désormais officiel, la commune du Gers sera ville de départ d'étape le 8 juillet prochain, lors de l'édition 2016 de la Grande Boucle. Un choix qui récompense la persévérance des élus dans l'une des compétitions les plus disputées entre communes françaises : 200 à 250 villes en moyenne sont candidates chaque année auprès d'Amaury sport organisation (ASO), l'organisateur.
Mais à L'Isle-Jourdain, la principale motivation pour accueillir le Tour ne relève ni des traditionnelles retombées économiques, par ailleurs si difficiles à évaluer, que va engendrer le passage de la caravane et ses milliers de suiveurs, ni de l'exposition médiatique qui pourrait profiter au secteur touristique du territoire. Certes, cela n'est pas négligeable. "Les associations locales vont pouvoir se faire quelques sous grâce à la restauration rapide pour répondre à la demande autour de l'événement", confie Bertrand Lahille, adjoint au maire chargé des sports. Mais si L'Isle-Jourdain investit 70.000 euros pour avoir le droit d'accueillir le Tour – somme que la ville espère partager en grande partie avec le conseil départemental et la communauté de communes –, c'est parce qu'elle est porteuse d'un "projet global" autour du vélo, un projet pour lequel "le Tour est ce qu'il y a de mieux", dixit Bertrand Lahille.

Un CFA des métiers du vélo plutôt qu'une subvention

Historiquement, les liens entre L'Isle-Jourdain et le vélo sont anciens et forts. La commune possède en effet un équipement rare : un vélodrome datant des années 1930, aujourd'hui impraticable, qui avait l'habitude de recevoir des courses professionnelles lors des tournées d'après-Tour. La ville a également accueilli à plusieurs reprises la Route du Sud, une course professionnelle au palmarès prestigieux. "Cela a constitué un tour de chauffe", lance Bertrand Lahille
Par ailleurs, le groupe Cyclelab, dont le fondateur est originaire de L'Isle-Jourdain, a son siège social dans la commune. En dehors de sa marque vedette Culture Vélo et ses 140 magasins en France, le groupe a lancé en 2011 le Véloscope, un "pavillon culturel" entièrement dédié à la promotion du vélo, ainsi qu'une école de formation aux métiers du vélo, Sup de Vélo, actuellement en attente de labellisation comme CFA (centre de formation des apprentis) par le conseil régional de Midi-Pyrénées. A ce propos, Bertrand Lahille glisse que "si la région aidera un peu [pour accueillir le Tour de France], nous préférerions qu'elle labellise le CFA. C'est nettement plus important que de gratter 3 ou 4.000 euros."
On peut encore préciser que L'Isle-Jourdain est le siège d'Ecocert, leader mondial de la labellisation de produits biologiques. Et, comme le souligne Bertrand Lahille, "entre l'économie écologique et le développement du vélo, le lien est étroit".

Développement économique avant tout

Tous ces éléments ont contribué à forger l'image de la commune. Lors de la présentation du Tour 2016, ce mardi 20 octobre, Christian Prudhomme, directeur de l'épreuve, ne s'y est pas trompé. Il a souligné que L'Isle-Jourdain avait "entamé depuis dix ans une politique de la ville centrée sur le vélo".
Cette politique s'est appuyée sur la mise en œuvre dans le Gers du concept "Une ville, un produit", qui concerne actuellement cinq communes du département. Si Eauze s'est tournée vers l'armagnac et Samatan vers le foie gras, pour L'Isle-Jourdain, l'axe choisi a naturellement été le vélo. Première reconnaissance officielle de cette réussite : en 2011, le ministère de l'Agriculture a fait de la communauté de communes de la Gascogne toulousaine, dont L'Isle-Jourdain est la commune centrale, un pôle d'excellence rurale sur le thème du vélo. Cela fait du territoire un espace pilote sur la thématique du vélo à travers ses dimensions économiques, culturelles, sportives et environnementales.
Et bien entendu, cela a décuplé les initiatives. Outre la labellisation attendue du CFA, une piste de BMX va ouvrir prochainement, des pistes cyclables vont être construites et, à un horizon plus lointain, un nouveau vélodrome pouvant accueillir des entraînements professionnels est déjà dans les esprits. Mais c'est surtout sur le développement économique de la filière que l'accent va être mis. "On veut faire venir des entreprises, explique Bertrand Lahille. Nous allons ouvrir quinze hectares supplémentaires sur la zone d'activités de Pont-Peyrin. Il ne faut pas se leurrer, à l'heure actuelle, ce qui est important c'est l'emploi. Avec le Tour de France, on se fait plaisir, mais il y a derrière l'idée du développement économique." Le Tour ne sera décidément qu'une étape pour le vélo à L'Isle-Jourdain.

 

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