Réforme de la formation infirmière : publication du décret sur l'universitarisation et de l'arrêté actualisant le référentiel
La reconnaissance du métier d'infirmier passe par une réforme de la formation, qui vient de franchir une étape supplémentaire avec la publication de deux textes réglementaires actant l'universitarisation et les nouvelles compétences attendues pour l'obtention du diplôme. Les régions conservent leur rôle d'autorisation et de financement des instituts de formation et de définition de la capacité d'accueil de ces derniers.
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La publication au Journal officiel du 25 février 2026 de deux textes réglementaires marque une étape importante dans la réforme de la formation et du diplôme d'État des infirmiers. Un décret organise tout d'abord le transfert de la délivrance du diplôme des préfets de région vers les universités accréditées par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. Le texte précise les conditions d'obtention du diplôme et maintient une durée de formation en trois ans. Il mentionne également que les instituts de formation en soins infirmiers préparant au diplôme d'État sont "autorisés par le président du conseil régional".
L'arrêté qui accompagne ce décret détaille les conditions d'accès à la formation, le contenu et l'organisation de la formation. Le volume d'heures de formation augmente, passant de 4.200 à 4.620. 66 semaines de stage sont prévues, en milieu hospitalier et en milieu extrahospitalier (en cabinet libéral, centre de santé, établissement ou service social ou médico-social, service départemental d'incendie et de secours, santé scolaire…). Figurent en annexe les nouveaux référentiels de formation et de certification.
Dans l'esprit de loi sur le métier d'infirmier de 2025 (voir notre article), le référentiel de formation attribue aux infirmiers des missions et domaines de compétences, remplaçant une logique d'"actes" qui étaient jusque-là associés à ces professionnels. Ce référentiel s'appuie sur un cadre national et sur un "cadre de consolidation" – ce dernier étant "conçu en cohérence avec le projet régional de santé et les priorités de santé publique, permettant ainsi une formation ancrée dans les réalités territoriales et répondant aux besoins de santé identifiés". "La capacité d'accueil est définie par le conseil régional" et "le nombre de places ouvert aux candidats relevant de la formation professionnelle continue ne peut être inférieur à 25% de la capacité d'accueil autorisée", est-il par ailleurs précisé.
Dans un communiqué publié le 27 février 2026, l'Ordre national des infirmiers a salué la publication de ces deux textes, considérant en particulier que l'universitarisation "ouvre de nouvelles perspectives" (poursuite d'études, accès aux masters, recherche…) Il ajoute que le référentiel de formation s'adapte "aux transformations du système de santé" en lien avec le vieillissement de la population, le développement des soins à domicile et les enjeux de coordination des soins. Parmi les nouveautés soulignées : l'intégration de stages obligatoires en psychiatrie et en pédiatrie. L'Ordre se félicite du fait que cette réforme de la formation, qui sera mise en œuvre à compter de septembre 2026, "accompagne l'évolution des missions infirmières" (voir notre article), "notamment en évaluation clinique, coordination des parcours, prévention et éducation à la santé".
| Références : décret n° 2026-130 du 20 février 2026 relatif aux modalités de délivrance du diplôme d'État d'infirmier et arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d'État d'infirmier, publiés au Journal officiel du 25 février 2026. |