Réseaux de froid : Engie et Villes de France lancent un programme de réalisation de "100 études de potentiel"
L'énergéticien Engie et l'association qui représente les villes et agglomérations de 10.000 à 100.000 habitants, Villes de France, ont annoncé ce 16 juillet le lancement d'un programme pour assurer la réalisation de "100 études de potentiel" afin d'accompagner les territoires dans l’accélération du développement de réseaux de froid urbain.
© Adobe stock/ Réseau de froid
Face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, des entreprises et de nombreuses villes cherchent à développer les réseaux de froid urbain, des systèmes centralisés permettant de produire et distribuer de l'eau glacée via des canalisations pour rafraîchir les bâtiments. Alors que le gouvernement souhaite doubler la capacité de ces réseaux de froid d'ici 2030 et les tripler d'ici 2040, l'énergéticien français Engie a annoncé ce 16 juillet lancer "100 études de potentiel" pour "accélérer" leur développement, en partenariat avec Villes de France, l'association des villes et agglomérations de 10.000 à 100.000 habitants, affirmant que "5 millions d'habitants" pourraient être concernés par cette initiative. "Les réseaux de froid représentent une solution performante et pertinente pour les zones urbaines denses et les bâtiments sensibles, tels que les hôpitaux, les crèches, les écoles ou les Ehpad", affirment Engie et Villes de France dans un communiqué commun.
Une cinquantaine de réseaux existants
Leur initiative vise "à accélérer l'identification et le lancement de nouveaux projets". Pour sélectionner les territoires qui bénéficieront de cet accompagnement, les deux structures mettront en place un comité dédié qui se réunira le 1er septembre. Un formulaire pour faire acte de candidature est disponible sur le site de Villes de France. La France compte aujourd’hui une cinquantaine de réseaux de froid et Engie en exploite actuellement 26, notamment à Paris, Marseille, Levallois-Perret et Cannes.
De son côté, le groupe français de gestion de l'eau et des déchets Veolia affirme avoir "identifié" 100 sites "pour aider l'accélération de déploiement de ces réseaux urbains, capables de produire simultanément du chaud et du froid à partir d'énergies locales, renouvelables ou de récupération, permettant de desservir jusqu'à 3 millions de personnes".
Des équipements anti-"îlots de chaleur"
Les réseaux de froid urbain sont jusqu'ici plutôt développés dans les très grandes villes, et raccordés quasi uniquement à des bâtiments tertiaires (commerces, entreprises, musées). Pour ses promoteurs, ils permettent de rafraîchir les bâtiments sans contribuer aux "îlots de chaleur", contrairement à la climatisation individuelle, par exemple. "Les réseaux combinés de chaleur et de froid répondent à la fois aux enjeux climatiques, énergétiques et économiques des territoires, tout en s'adaptant aux nouveaux usages de la ville", affirme à l'AFP Jean-François Nogrette, directeur général de Veolia France. "Ces infrastructures permettent de nous adapter au changement climatique sans créer les conditions du réchauffement", abonde Frank Lacroix, directeur général adjoint d'Engie.
Les réseaux de froid font partie des réponses aux canicules prônées par le Haut Conseil pour le climat, mais leur capacité à rester efficace face aux vagues de chaleur les plus sévères pose question : au plus fort de la canicule fin juin, plusieurs réseaux de fraîcheur à Paris ont atteint leur limite, et certaines infrastructures, à l'instar du cinéma UGC des Halles, ont déploré des défaillances dans le rafraîchissement de l'air.