Restauration scolaire : l'AMF, France urbaine et l'Agores réclament un critère d'ancrage local dans les marchés publics

A la veille du Salon de l'agriculture, plusieurs associations d'élus relancent le débat sur l'achat local dans les cantines scolaires. Dans un courrier adressé le 16 février 2026 au Premier ministre et que Localtis a pu consulter sur Linkedin le 20 février 2026, l'Association des maires de France (AMF), France urbaine et l'Agores demandent que la France profite de la révision en cours des directives européennes sur les marchés publics pour introduire un critère "d'ancrage local" dans les achats alimentaires.

Aujourd'hui, le droit de la commande publique interdit de privilégier l'origine géographique des candidats à un marché. Un critère de préférence locale est considéré comme discriminatoire au regard des règles européennes de concurrence. En pratique, malgré l'évolution introduite par la loi Climat et résilience – qui a mis fin au critère unique du prix – les gestionnaires de restauration scolaire ne peuvent pas réserver leurs marchés aux producteurs de proximité.

Les signataires plaident pour une évolution du cadre juridique au nom de la "relocalisation", de la durabilité et de la juste rémunération des producteurs. Ils estiment que le contexte européen constitue une fenêtre d'opportunité pour faire reconnaître l'alimentation comme un "bien stratégique", au regard des enjeux de santé, de résilience territoriale et de sécurité alimentaire.

Trois propositions sont avancées :
- D'abord, consacrer ce caractère stratégique au niveau européen. 
- Ensuite, ouvrir un libre choix de procédure pour 50% du volume d'achat de denrées, ce qui permettrait notamment des achats directs auprès de producteurs locaux, adossés à des projets alimentaires territoriaux (PAT). 
- Enfin, sécuriser juridiquement l'introduction de critères liés à l'ancrage territorial lorsqu'ils présentent un lien direct avec l'objet du marché et contribuent aux objectifs européens de durabilité.

Cette demande intervient alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a récemment annoncé que les cantines dépendant de l'État s'approvisionneraient exclusivement en produits issus de l'Union européenne. Les associations y voient un signal encourageant et appellent le gouvernement à défendre, dans les négociations européennes, une véritable "exception alimentaire" susceptible de faciliter le recours aux circuits courts dans la restauration collective locale.

 

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