Revalorisation de l'aide à domicile : Départements de France se retire de la concertation "France Autonomie"
Entre les associations de l'aide à domicile, l'État et les départements, la situation semblait enfin s'être débloquée. Après trois refus successifs de la part des pouvoirs publics d'agréer des avenants négociés par les partenaires sociaux prévoyant une hausse de la rémunération, la ministre de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, a annoncé, le 29 mai 2026, l'agrément par le gouvernement de deux avenants à la convention collective de la branche de l'aide à domicile (BAD). Par un arrêté publié le 28 mai 2026, la revalorisation salariale attendue de longue date entre en vigueur ce 1er juin 2026 (voir notre article).
Mais cette issue favorable ne résulte pas d'un accord entre État et départements, selon Départements de France (DF) qui dénonce "un passage en force de l'État". Dans un communiqué diffusé lundi 1er juin 2026, l'associations d'élus assure avoir appris "par les réseaux sociaux" l'agrément des avenants par la ministre, "alors qu’un engagement politique avait été pris par plusieurs ministres successifs, prévoyant qu'aucun agrément ne puisse intervenir sans l'accord de Départements de France".
"Les départements ont, à plusieurs reprises, clairement affirmé, compte tenu de l'augmentation continue des dépenses sociales qui leurs sont imposées, qu'il ne leur est plus possible de financer une dépense nouvelle, sans compensation intégrale de l'État", indique DF, qui estime que "ce sont [chaque année] plus de 25 milliards d'euros que les départements engagent à la place de l'État".
Considérant que cette décision unilatérale du gouvernement démontre que "les questions de financement et de gouvernance ne sont pas examinées", le président François Sauvadet annonce que DF "se retire immédiatement du projet 'France Autonomie'", du comité de pilotage et des groupes de travail préparatoires à la Conférence nationale de l'autonomie.