Rythmes scolaires : Emmanuel Macron pour des journées et des vacances plus courtes
Sur le média en ligne Brut, le président de la République a livré sa vision de la réforme des rythmes scolaires, prônant des journées allégées au collège et au lycée, ainsi que des vacances d'été plus courtes. Il s'en remet toutefois au gouvernement pour toute réforme en la matière.
© Aurélie Roudaut
Des journées moins chargées au collège ou au lycée et des vacances plus courtes, telle est la solution préconisée par Emmanuel Macron. Interrogé par les internautes du média en ligne Brut, le 5 février 2026, le président de la République a été, dès le premier échange, interpellé sur le sujet des rythmes scolaires.
À la question de savoir si des journées de classe étalées de 8 heures à 13 heures étaient "envisageables", Emmanuel Macron a répondu : "J'entends beaucoup, quand je vais dans les collèges et les lycées, le ressenti sur les journées qui sont trop longues, trop chargées, sur le fait que les journées commencent souvent très tôt pour des ados [...] et que cela crée beaucoup de stress, des conditions qui ne sont pas optimales pour apprendre." Avant d'ajouter : "Il faudrait aller vers des journées plus courtes pour nos collégiens et nos lycéens, sans doute commencer un peu plus tard le matin, et avoir des journées qui finissent plus tôt pour pouvoir à la fois faire du sport et des activités culturelles."
Le président de la République n'a pas manqué de rappeler que, sur le sujet des rythmes scolaires, il avait demandé en mai 2025 au Conseil économique, social et environnemental (Cese) d'organiser une convention citoyenne sur les temps de l'enfant, laquelle a remis son rapport en novembre (lire notre article du 24 novembre 2025). Ce dernier préconisait de décaler l'heure de début des cours à 9 heures à partir du collège et une sortie des classes à 15h30 pour tous les niveaux, voire 16h30 au lycée.
"Un gros mois de vacances l'été"
Dans l'esprit d'Emmanuel Macron, ce raccourcissement de la journée de classe implique néanmoins une "contrepartie" : "Avoir des vacances plus courtes." Selon lui, de "très longues vacances [font que] l'on désapprend un peu, et cela crée de l'injustice". "Si vous êtes pendant deux mois et demi, parfois trois mois en vacances, que vous n'ouvrez pas un livre, que ne vous faites pas un effort, que vous ne faites pas un cours de soutien, que vous ne vous remettez pas au niveau, très souvent quand vous reprenez début septembre, vous n'avez pas le niveau du mois de juin mais le niveau de début mai", a plaidé le président de la République, avant de proposer : "On pourrait rependre un peu plus tôt au mois d'août, on pourrait partir un peu plus tard en vacances. Je pense qu'un gros mois de vacances serait envisageable."
Sur ce thème, en revanche, Emmanuel Macron n'est pas en accord avec les conclusions de la convention citoyenne qui prônait un maintien du volume total des vacances sur l'année, en particulier l'été, et ce pour deux raisons : d'une part, car "le volume des vacances semble favorable et en adéquation avec les rythmes chronobiologiques des enfants", et d'autre part, parce que "la réduction des vacances d'été n'est pas compatible avec les conditions climatiques, en particulier à cause de la chaleur".
Au gouvernement d'agir, mais quand ?
En fin de conversation, le président de la République a confié qu'il aurait "adoré aller plus vite sur les rythmes scolaires", avant de reconnaître que "cela ne fait pas l'objet d'un grand consensus" et que le sujet "suppose d'être débattu par les élèves, les professeurs, la communauté pédagogique et les familles". Sans compter les professionnels du tourisme, opposés à une réduction des vacances scolaires, non seulement pour des raisons de potentiel risque sur le chiffre d'affaires de toute la filière, mais également en raison de l'encombrement des flux touristiques que ne manquerait pas de provoquer une concentration des congés d'été sur une période d'un mois. In fine, Emmanuel Macron a déclaré : "J'espère que cela va avancer", tout en précisant que c'est maintenant au gouvernement d'agir.
Dès lors, le sujet ne devrait pas faire l'objet d'avancée dans les prochains mois. Début janvier, dans un entretien accordé à Ouest-France, Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a en effet indiqué qu'il ne donnerait pas de suite dans l'immédiat aux propositions de la convention citoyenne sur les temps de l'enfant : "La question des rythmes scolaires ne peut pas se régler pour la rentrée 2026. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut réussir en six mois. C'est à mon sens un vrai débat pour la présidentielle de 2027." Autrement dit, aucune réforme n'est envisageable avant la rentrée de septembre 2028.