Selon le député Jean-René Cazeneuve, les finances des communes "se portent bien"
Les maires achèvent leur mandat en laissant à leurs successeurs une situation financière globalement saine, en dépit des nombreuses crises auxquelles ils ont dû faire face. Telle est la conclusion d'une note que le député (Ensemble pour la République) Jean-René Cazeneuve vient de réaliser, en s'appuyant sur des données de la direction générale des finances publiques, provisoires pour 2025.
© Note de Jean-René Cazeneuve et Adobe stock
À l'été 2025, la Cour des comptes relevait "la situation globalement favorable du bloc communal" en 2024. À fin 2025, "cette trajectoire se confirme et s’améliore encore", observe l'ex-rapporteur général du budget. "Les principaux indicateurs financiers du bloc communal [communes et établissements publics de coopération intercommunale, NDLR] restent au vert par rapport à 2024", souligne-t-il. En détaillant : "La capacité d’autofinancement progresse légèrement à un niveau élevé, avec une épargne brute [c'est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement, NDLR] à 21,7 milliards d'euros (+1,9 %)." Selon l'ancien président de la délégation aux collectivités territoriales de l'Assemblée nationale, "cette augmentation est le fruit des efforts de gestion des élus locaux mais également du ralentissement de l’inflation". Elle a permis de financer une nouvelle progression l'an dernier de l'investissement du bloc communal (+6,6 %), celui-ci parvenant à "un niveau record" de 55,6 milliards d'euros.
Situation moins rose pour les grandes villes
L'an dernier, les dépenses réelles de fonctionnement des communes et de leurs groupements ont progressé deux fois plus (+2%) que l'inflation, notamment sous l'effet de la hausse des frais de personnel (+2,6%). Cette dernière s'explique notamment par "l'augmentation des cotisations employeurs" au régime de retraite des fonctionnaires et par "le développement de la protection sociale complémentaire". Simultanément, les recettes réelles de fonctionnement ont connu une hausse de 1,9%, grâce au "dynamisme" de la fiscalité locale.
Pour les communes, 2025 a été globalement une année de progression des marges de manœuvre, avec une épargne brute en hausse de 3,7%. L'année a été particulièrement favorable aux communes intermédiaires (celles dont la population est comprise entre 3.500 et 100.000 habitants), puisque leur épargne brute a grimpé de 8%. Ce qui a nourri une nouvelle hausse de leurs investissements (+8,6%). En revanche, les grandes villes et surtout les communes de moins de 3.500 habitants ont terminé l'année dernière en voyant leurs marges s'effriter (respectivement -0,3% et -3,2% en ce qui concerne l'épargne brute). La situation des intercommunalités dans leur globalité s'est elle aussi fragilisée l'an dernier, avec un recul de 3,5% de l'épargne brute et de 8,3% de l'épargne nette (épargne brute diminuée des remboursements en capital de la dette). L'investissement intercommunal est resté toutefois "très dynamique" (+8,9%), mais au prix d'un recours accru à l'emprunt (+20,8%).
Collectivités dépensières
Le bloc communal a traversé les différentes crises du mandat "avec succès", salue celui qui, en 2020, avait piloté pour le gouvernement la mission sur les conséquences de la crise sanitaire sur les finances locales. Depuis 2019, l'épargne brute du bloc communal a en effet progressé "plus" que l'inflation (+17,3% contre +17,2%). Mais Jean-René Cazeneuve adresse un carton jaune aux collectivités sur leurs dépenses globales. Depuis 2020, elles "ont grimpé de plus de 26%, alors que celles de l’État n’ont progressé 'que' de 13%". Et ce "sans qu’aucun transfert significatif de compétences n’explique un tel écart", précise-t-il.
"À trois semaines des élections municipales, les maires apprécieront de se voir donner des leçons de bonne gestion", a ironisé André Laignel, maire socialiste d'Issoudun et président du comité des finances locales. "Pour démontrer coute que coute que le bloc communal est dans une situation financière favorable", le député proche de Gabriel Attal "utilise (…) des raccourcis et approximations regrettables, qui n’élèvent pas la qualité du débat", a-t-il aussi déploré dans une note à la presse.