Tourisme - Ski : la France redescend sur la seconde marche du podium mondial

Domaines skiables de France a publié le bilan de la saison 2015-2016. Il montre un recul de 3% des journées-skieurs, avec de forts écarts selon les massifs et le type de stations. Les "petites" stations sont particulièrement pénalisées. DSF veut toutefois croire en "la résilience" de l'activité qui tiendrait au "savoir-faire et aux investissements des stations". DSF se félicite surtout de la réforme du calendrier scolaire qui "a permis de doubler, et même plus, la fréquentation des vacances de printemps par rapport à la saison passée".

Encore une mauvaise nouvelle pour le tourisme en France : Domaines skiables de France (DSF) - qui regroupe 238 opérateurs de remontées mécanique - annonce, dans son bilan de la saison 2015-2016, que "la France cède la première place du classement mondial au profit des Etats-Unis, mais demeure le premier skiable d'Europe". La France affiche en effet 52 millions de journées-skieurs vendues durant la saison 2015-2016 (-3%), derrière les Etats-Unis (53,9 millions et +0,6%) et devant l'Autriche (49,9 millions et -4%).

"Entre vulnérabilité et résilience"

Le traumatisme ne doit toutefois pas être exagéré : le France et les Etats-Unis se disputent en effet la première marche du podium depuis plusieurs années. Les seconds monopolisaient la première place, avant que la France les détrône en 2008-2009. Les Etats-Unis ont aussitôt repris leur sceptre, avant que la France remonte à nouveau sur la première marche durant les saisons 2011-2012, 2012-2013 et 2014-2015...
Si le chassé-croisé peut ainsi se renouveler l'an prochain, il reste que la saison de ski 2015-2016 se révèle décevante. Le communiqué de DSF parle d'une saison "entre vulnérabilité et résilience". La vulnérabilité s'explique par "un démarrage très difficile en raison de l'absence de neige à basse et moyenne altitude, puis par une météo capricieuse créant des conditions d'exploitation perturbées". Pour sa part, la résilience tient "au savoir-faire et aux investissements des stations, en particulier à la neige de culture, qui sécurise l'emploi saisonnier en station".
Les résultats de la saison de ski 2015-2016 sont également très contrastés selon la taille des stations et les massifs concernés. Ainsi, pour une baisse nationale de 3% des journées-skieurs vendues (et de 6% par rapport à la moyenne des quatre dernières saisons), les petites stations - particulièrement pénalisées par le manque de neige - souffrent davantage, avec un recul de 13% par rapport à la saison précédente et de 17% par rapport à la moyenne des quatre hivers précédents. Les résultats sont proches de la moyenne nationale pour les stations moyennes (respectivement -4% et -10% par rapport à la moyenne des quatre hivers précédents) et pour les grandes stations (-4% et -9%), tandis que les très grandes stations tirent bien leur épingle du jeu (0% et -2%).

Une prime aux grandes stations et aux grands massifs

En termes géographiques - et en lien direct avec la taille des stations -, le recul frappe surtout le Jura (-23% et -23%), les Alpes du Sud (-14% et -8%) et l'Isère-Drôme (-12% et -7%). Le Massif central (-10% et -15%), les Pyrénées (-9% et 7%) et le massif vosgien (-8% et-16%) ne font guère mieux. En revanche les deux Savoie - où se concentrent les très grandes stations - s'en sortent nettement mieux, avec -4% et +0,1% pour la Haute-Savoie et -2% et +1% pour la Savoie. On reste néanmoins frappé, dans les énumérations ci-dessus, par le très faible nombre d'évolutions positives.
DSF se refuse pour autant à sombrer dans le pessimisme. Pour l'association, "le savoir-faire et l'investissement des domaines skiables ont permis de réduire les conséquences d'un hiver particulièrement difficile. Somme toute, pour un hiver aux températures exceptionnellement douces et aux précipitations tardives, l'activité globale a bien résisté".
Mais les professionnels de la montagne se félicitent surtout de la réforme enfin obtenue du calendrier scolaire (voir nos articles ci-contre). Pour DSF, "la modification du calendrier scolaire a permis de doubler, et même plus, la fréquentation des vacances de printemps par rapport à la saison passée". La décision du gouvernement de "revenir à un calendrier scolaire favorable au tourisme [...] crée déjà les conditions d'une reconquête de la clientèle à cette période". Une reconquête qui tarde néanmoins quelque peu à se traduire dans les chiffres...
 

 

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