Sobriété énergétique : le groupe de travail "collectivités territoriales" est lancé

Représentants des principales associations d'élus, énergéticiens et experts ont participé ce 28 juillet à la première réunion du groupe de travail "collectivités territoriales" mis en place par le gouvernement pour préparer le plan Sobriété énergétique attendu à la rentrée.

Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, et Caroline Cayeux, ministre déléguée chargée des collectivités territoriales, ont réuni ce 28 juillet les représentants d’élus locaux en présence d'énergéticiens et d'experts pour échanger avec eux sur la manière de réduire la consommation d’énergie dans les collectivités territoriales. Il s’agit du cinquième groupe de travail lancé par Agnès Pannier-Runacher dans le cadre de la préparation du plan Sobriété énergétique annoncé par Emmanuel Macron dans son interview télévisée du 14 juillet dernier. Le premier groupe à avoir démarré ses travaux est celui sur l'"État exemplaire", lancé le 29 juin avec Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques, suivi d'"Entreprises et organisation du travail", lancé le 1er juillet avec Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion, d'"Établissements recevant du public et grandes surfaces commerciales", lancé le 7 juillet avec Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME, du commerce, de l'artisanat et du tourisme, et "Logement", réuni le 27 juillet avec Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement. Enfin, ce même 28 juillet a également eu lieu la première réunion du groupe "Numérique et télécommunications".

Partage de bonnes pratiques

Comme les ménages, les collectivités subissent de plein fouet depuis plusieurs mois la flambée des coûts de l'énergie. Mais "si elles sont confrontées à de multiples problématiques au quotidien, [elles] détiennent des solutions pour faire la chasse au gaspillage de l’énergie", a estimé Agnès Pannier-Runacher. "Selon les compétences dont elles disposent – éclairage public, gestion des écoles et des gymnases, ou encore mobilités –, elles ont des leviers d’actions puissants pour construire un plan de sobriété énergétique et contribuer à la baisse de 10% de notre consommation d’ici 2024, a ajouté la ministre. Nous mettons à leur disposition l’expertise de nos administrations et de nos opérateurs énergétiques pour partager les bonnes pratiques déjà en place sur le terrain et coconstruire ce plan."

La réunion de ce 28 juillet a donc permis aux participants d'échanger sur leurs pratiques.  Sensibiliser les agents aux gestes économes en énergie ; ajuster les températures de consigne sur 19° en matière de chauffage et 26° en matière de climatisation, notamment dans les écoles, collèges et lycées ; désigner des référents par site… De nombreuses mesures sont déjà mises en œuvre par les collectivités pour faire face à la hausse des prix de l’énergie méritent d'être mieux connues et mises en place partout où elles peuvent l’être.

La généralisation de l’éclairage LED et le déploiement de mécanismes innovants, notamment de modulation de l’éclairage public, ont également été évoqués. Déjà mis en place par des communes et intercommunalités, ce type de mesures pourrait permettre de faire jusqu’à 50% d’économies d’énergie sur l’éclairage. Les ministres ont partagé leur volonté de s’inspirer des meilleures pratiques au sein de l’État et dans les territoires.

La question de l’effacement, voire la possibilité en cas de crise de réduire fortement, de manière temporaire, la consommation de certains équipements sportifs, a été évoquée (leur consommation pouvant atteindre 28% de la consommation d’énergie totale des bâtiments pour les communes de plus de 50.000 habitants). "Les questions cruciales de la formation et de la communication sont apparues centrales, souligne le communiqué des ministres. Qu’il s’agisse de la formation des agents, notamment à l’utilisation des équipements de gestion technique des bâtiments, ou de la communication auprès des prestataires sur la réalisation des économies d’énergie et des agents sur la réalisation des éco-gestes, de nombreuses démarches peuvent être initiées."  Le lancement d’actions simples de rénovation énergétique, rapidement rentabilisables, a aussi été discuté. Parmi elles : un meilleur pilotage des bâtiments en encourageant l’installation, dès maintenant, des équipements de gestion technique des bâtiments (GTB) ou encore l’accompagnement des collectivités qui le souhaitent par des conseillers en énergie partagée (CEP), cofinancés par l’Ademe.

"Comme l’État, les collectivités territoriales doivent montrer l’exemple et les travaux que nous avons lancés aujourd’hui étaient donc l’occasion d’échanger autour des nombreuses actions de sobriété déjà initiées dans les collectivités et de réfléchir à leur généralisation, a déclaré Christophe Béchu. C’est un enjeu pour les deux prochaines années et au-delà : investir aujourd’hui dans l’efficacité énergétique, c’est diminuer demain les dépenses des collectivités."

"Les villes sont prêtes et s’engagent au quotidien pour la sobriété énergétique, a réagi France urbaine sur twitter. L’État doit être à leurs côtés, en prenant des mesures fortes, écologiquement efficaces et socialement justes. Le cap est fixé. Au travail !"

Les acteurs du logement mobilisés

Dans un communiqué diffusé ce 27 juillet au soir, le gouvernement a aussi apporté des précisions sur le contenu des échanges lors de la première réunion du groupe de travail "Logement" (lire notre article). Outre la volonté de mieux respecter les consignes de température, notamment les 19°C de chauffage, les acteurs du logement se sont prêts à mettre en œuvre plusieurs actions simples à effet rapide comme le calorifugeage des réseaux d'eau chaude traversant les espaces non chauffés (5 à 10% d'économies d'énergie escomptés par an), un meilleur déploiement de l'individualisation des frais de chauffage, qui peut permettre un gain de consommation de 15%, l'installation de détecteurs de  mouvement pour éteindre les lumières inutiles dans les parties communes ou encore le déploiement de systèmes de pilotage, en particulier des thermostats, qui permettraient de réaliser entre 100 et 200 euros d'économies chaque année. Dans le cadre des dispositifs d'aides à la rénovation énergétique du parc résidentiel privé, les participants ont évoqué la possibilité de mettre en place d'ici le 1er janvier prochain de nouvelles mesures en faisant évoluer certains aspects de MaPrimeRénov ou en accélérant le raccordement à des réseaux de chaleur via le fonds chaleur.

Renforcement de l'accompagnement via les certificats d'économies d'énergie

Un bilan du dispositif des certificats d’énergie (CEE) a été esquissé.  Celui-ci mobilise de 4 à 6 milliards d’euros par an en faveur de l’efficacité énergétique. De janvier 2019 à décembre 2021, il a permis de réaliser 2 millions de travaux d’isolation et 800.000 travaux de remplacement de chauffages gaz et fioul. 10.000 travaux de rénovation globale performante de logements ont aussi été engagés avec le soutien des CEE au cours du dernier trimestre de 2021. Les ministres ont annoncé lors de la réunion du 27 juillet un renforcement de cet accompagnement, à hauteur de 4,8 milliards d’euros, à travers une hausse de 25% du niveau d’obligation des CEE, le lancement d’un appel à programmes de 150 millions d’euros pour accompagner les ménages en situation de précarité énergétique, l’extension du "Coup de pouce chauffage" aux bâtiments résidentiels collectifs pour le raccordement d’un bâtiment résidentiel à un réseau de chaleur, l’installation d’une pompe à chaleur collective à absorption de type air/eau ou eau/eau ou d’une chaudière biomasse collective. "Le groupe 'Logement' poursuivra le travail engagé (…) durant tout l'été pour mettre au point un plan d'action simple et opérationnel d'ici fin septembre", conclut le communiqué du gouvernement."

Le numérique au service de l'efficacité énergétique

S'agissant de la réunion du groupe "Numérique et télécommunications", qui s'est tenue autour d'Agnès Pannier-Runacher et de  Jean-Noël Barrot, le ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications, avec les représentants du secteur (Comité stratégique de filière "Infrastructures numériques", Fédération française des télécoms et donc les principaux opérateurs de télécommunications, représentants de la French Tech, etc.), il y a notamment été question de la façon dont "les évolutions technologiques les plus récentes" (passage à la fibre, passage à la 5G dans les zones très denses...) permettent de "réduire l’empreinte énergétique de certaines activités". Mais aussi de la façon dont le numérique peut être "un outil au service de l’efficacité énergétique : programmateurs de chaudières, outils numériques de gestion des bâtiments, apport du numérique dans la gestion des énergies renouvelables intermittentes... "Le secteur réfléchit également à l’utilisation de capteurs déjà installés pour d’autres usages, afin qu’ils assurent le suivi et le contrôle de la consommation d’énergie dans des bâtiments, ce qui pourra réduire instantanément les consommations de 10 à 15%", assure le gouvernement dans un communiqué.

 

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