Stratégie nationale bas carbone : le Haut conseil pour le climat réclame un plan "précis" pour sortir des énergies fossiles

Le Haut conseil pour le climat (HCC) a publié ce 12 mars son avis sur le projet de troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), la feuille de route actualisée de la France pour devenir "neutre en carbone" en 2050, présenté en décembre dernier (lire notre article) et toujours en consultation.  "On a une trajectoire qui est ambitieuse, mais nous nous interrogeons essentiellement sur la mise en oeuvre", a résumé le président du HCC Jean-François Soussana lors d'une présentation de l'avis à la presse. Cet enjeu de mise en oeuvre, "on en est clairement conscients", a répondu le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, citant comme exemple la récente présentation d'un plan d'électrification. "On essaiera de prendre en compte une partie des recommandations que fait le HCC", a aussi assuré la même source.

Parmi ses 20 recommandations, le HCC demande au gouvernement d'"expliciter une feuille de route précise de sortie des énergies fossiles" avec "les modalités pour chaque secteur". "On est en plein dans un choc pétrolier finalement et la récurrence de ces chocs que l'on connaît au fil du temps montre bien qu'il est urgent de sortir des énergies fossiles", a souligné Jean-François Soussana, faisant allusion à la récente flambée des cours avec la guerre au Moyen-Orient.

Le projet de SNBC prévoit un calendrier de sortie des énergies fossiles en France : 2030 pour le charbon, 2040-2045 pour le pétrole et 2050 pour le gaz fossile. "Mais ce calendrier, il faut qu'il soit porté politiquement, il faut qu'il soit affirmé", insiste Jean-François Soussana. "On a besoin de visibilité, de portage politique et de clarté sur les dates de sortie dans chacun des secteurs", dit-il, prenant l'exemple de la fin du moteur thermique pour les voitures. "Dans les grandes lignes oui, on va essayer d'être plus précis", a assuré le cabinet de Monique Barbut, soulignant que d'autres textes d'orientation - notamment la programmation pluriannuelle de l'énergie - étaient concernés.

Parmi ses autres recommandations, l'organisme indépendant chargé d'évaluer l'action climatique du gouvernement et d'émettre des recommandations demande encore de "contenir davantage la hausse du trafic aérien aux horizons 2030 et 2050", s'inquiétant de l'ampleur des besoins en biomasse pour produire des carburants d'aviation durable (SAF) nécessaires à la décarbonation du secteur. Il demande aussi que soient précisés les indicateurs de suivi d’une "transition juste". "Il s’agit en priorité d’informer l’évolution de la précarité énergétique des ménages, de manière plus fine que par décile (par exemple, inégalités de genre), et des petites entreprises ; et de suivre la mise en œuvre des mesures sectorielles d’accès et d’accompagnement des ménages, des entreprises et des collectivités locales les plus précaires", indique-t-il.

 

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