Stratégie nationale pour les aires protégées : un nouveau plan d'action national veut renforcer les dispositifs de protection

Le gouvernement a publié ce 28 octobre le deuxième plan d’action national de la stratégie nationale pour les aires protégées (Snap), pour la période 2026-2030. Ce plan vise à poursuivre le développement des aires protégées, notamment celles reconnues en protection forte, tout en améliorant leur efficacité.

Pour sa mise en œuvre opérationnelle, la stratégie nationale pour les aires protégées (Snap) 2030 lancée en 2021 se décline en un plan d’action national (PAN) et des plans d'action territoriaux (PAT) sous le pilotage des préfets de région, en lien avec les exécutifs régionaux à terre et les préfets maritimes en mer. Le deuxième PAN couvrant la période 2026-2030 qui a été publié ce 28 octobre par le gouvernement "vise à poursuivre le développement des aires protégées, notamment celles reconnues en protection forte, instruments incontournables pour inverser l'érosion de la biodiversité et restaurer les écosystèmes en réduisant les pressions, souligne le ministère de la Transition écologique dans un communiqué. [Il] fixe pour cela de nouvelles cibles de protection forte, terrestres et marines, et place le renforcement de leur efficacité au cœur de ses priorités". Il entend ainsi "consolide[r] la trajectoire engagée depuis 2021, en tenant compte des nouveaux cadres d’actions portés par le ministère de la Transition écologique, notamment le futur plan national 'Agir pour restaurer la nature'".

L’évaluation à mi-parcours de la Snap a mis en lumière "d’importants progrès réalisés depuis 2021 qui participent à l’atteinte des objectifs de la stratégie et des cibles associées à horizon 2030", estime le ministère, qui cite le dépassement "dès 2022" de la cible d’au moins 30% du territoire national en aires protégées, la "progression significative de la couverture du territoire national en zones de protection forte (ZPF, 4,9% en 2025)" ou encore la définition de références communes pour l’évaluation de l’efficacité de la gestion des aires protégées.

Plus de 600 projets depuis le lancement de la Snap

"Ces réalisations qui se traduisent par des effets concrets à l’échelle locale, au bénéfice de la biodiversité et des territoires, sont le fruit d’une mobilisation inédite aux niveaux national et local", relève-t-il. La majorité des régions, façades et bassins maritimes s’est ainsi dotée d’un PAT, ce qui a permis de proposer plus de 600 projets d’aire protégée et zone de protection forte à concrétiser.

"Il s’agit désormais de renforcer l’action sur la qualité et l’efficacité de la gestion des aires protégées existantes ainsi que sur la réduction des pressions qui s’exercent en leur sein et en périphérie", avance le ministère. Il invite notamment à poursuivre et intensifier les "efforts d’intégration des aires protégées", "en particulier auprès des collectivités locales et des habitants et à "renforcer la mobilisation de moyens financiers supplémentaires en faveur des aires protégées, notamment à travers des financements complémentaires alternatifs aux ressources publiques, dans une logique de services rendus".

Nouveaux objectifs pour les aires sous protection forte

Pour "renforcer sa lisibilité, sa cohérence et son efficacité", le deuxième plan d'action national a été recentré autour de 52 actions (contre 139 dans le premier plan), avec un renforcement des objectifs de déploiement du réseau d’aires protégées sous protection forte. Afin d’assurer une répartition équilibrée des efforts entre espaces maritimes et terrestres et entre territoires hexagonal et ultramarins, les objectifs de déploiement des aires protégées sous protection forte à 2030 sont renforcés de nouvelles cibles complémentaires, à savoir 10% du territoire terrestre national sous protection forte, dont au moins 3% du territoire terrestre hexagonal, et 14,8 % des espaces maritimes nationaux sous protection forte "dès 2026" et "au moins 5% des façades maritimes hexagonales en 2030", en cohérence avec la stratégie nationale pour la mer et le littoral.

Au-delà de l’extension du réseau d’aires protégées, le nouveau plan vise à renforcer la qualité de la gestion des aires protégées existantes et à réduire les pressions qui s’exercent sur les milieux naturels, y compris à proximité de ces espaces. Il prévoit également d’améliorer la connectivité au sein du réseau et de mieux intégrer les aires protégées dans les projets de territoires, notamment à travers des actions d’accompagnement et de valorisation des élus concernés par ces espaces et l'accès des décideurs (élus, préfets) et parties prenantes de la gouvernance des aires protégées à des formations relatives aux enjeux climat et biodiversité qui leur sont propres.

 

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis