Un accompagnement renforcé pour les collèges les plus en difficulté

Le ministère de l'Éducation nationale a publié une instruction pour élever le niveau des élèves de quelque huit cents collèges. Les collectivités devraient être amenées à y participer dans le cadre d'actions visant à améliorer le climat scolaire et la santé.

Une instruction parue au Bulletin officiel du ministère de l'Éducation nationale du 18 décembre 2025 vise à mettre en place un accompagnement spécifique pour les collèges "les plus exposés à la difficulté scolaire". En l'occurrence, il s'agit de huit cents établissements qui concentrent une part importante d'élèves dont les résultats aux épreuves ponctuelles du diplôme national du brevet sont inférieurs à 8 sur 20 en français et en mathématiques, soit 15% des collèges à l'échelle nationale.

Selon le ministère de l'Éducation nationale, "le poids de la grande difficulté scolaire" rend nécessaires dans ces collèges "un appui important aux équipes et un effort particulier afin d'apporter une aide déterminante aux élèves les plus en difficulté". Le texte demande donc aux recteurs de mettre en place, à l'échelle de chaque établissement, un plan d'action pluriannuel dont l'ambition sera "de permettre l'élévation générale du niveau de tous les élèves".

Diagnostic "objectivé"

La démarche doit commencer, dès janvier 2026, par l'établissement d'un diagnostic "objectivé par les indicateurs" afin de partager les priorités et d'identifier les besoins spécifiques à chaque collège. Pour ce faire, les chefs d'établissement seront accompagnés d'une "équipe ressource académique".

Une fois le diagnostic réalisé, chaque collège déterminera un nombre limité de "leviers" pour atteindre une meilleure réussite des élèves. Il pourra s'agir d'identifier des besoins en formation, mais aussi de revoir l'organisation pédagogique, par exemple en renforçant l'accompagnement personnalisé pour les élèves en difficulté, en mettant sur pied des projets pédagogiques ou culturels, ou en recourant à des dispositifs de tutorat et mentorat. 

Articulation des temps scolaires et périscolaires 

Le dernier levier relève du climat scolaire et de la santé. À cet égard, l'instruction invite à utiliser les fonds sociaux pour répondre aux besoins de certains élèves et précise que les montants versés aux établissements pourront être renforcés. "Dans cette perspective, ajoute le texte, les autorités académiques et les chefs d'établissement coopèrent régulièrement avec les collectivités territoriales afin d'œuvrer conjointement à la réussite des élèves et à la bonne articulation des différents temps des jeunes, scolaires, périscolaires et extrascolaires."

Pour mener à bien ce plan, l'instruction dévoile un calendrier. Au premier trimestre 2026, outre le diagnostic, est notamment prévue la formation nationale des chefs d'établissement et des équipes ressource académique. Le deuxième trimestre sera, entre autres, consacré à la définition d'axes stratégiques en établissement, au recueil des besoins, aux formations académiques et à la mise en place des premières actions. Enfin, le déploiement des actions et des leviers ainsi que la formation continue des personnels auront lieu à la rentrée scolaire 2026.

Le débat sur les rythmes scolaires renvoyé à la présidentielle

Dans un courrier du 18 décembre adressé à la rectrice de l'académie de Lille, le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, estime que l'instruction du ministère "est lourde de menaces pour les collèges concernés, où les équipes risquent d'être exposées à une pression managériale accrue sur leurs pratiques au nom de la 'performance'", et qu'"une lourde menace pèse aussi sur le réseau REP/REP+ et la pérennité même d'une politique d'éducation prioritaire".

Cette instruction qui met en place un accompagnement renforcé pour certains collèges arrive quelques semaines après que la convention citoyenne sur les temps de l'enfant a rendu un rapport proposant un bouleversement des rythmes scolaires (lire notre article du 24 novembre 2025). Propositions auxquelles le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, ne donnera pas de suite dans l'immédiat. Après avoir affirmé en fin d'année dernière, en réponse à une question parlementaire, que "plusieurs points de convergence ressortent de ces travaux, notamment sur la nécessité de penser comme un tout le continuum des temps de l'enfant", et que "les temps de l'enfant concernent bien sûr les familles et l'école, mais aussi les collectivités territoriales et les associations", le ministre a, dans un entretien publié par Ouest-France le 3 janvier 2026, renvoyé le débat sur les rythmes scolaires à l'élection présidentielle de 2027. "La question des rythmes scolaires ne peut pas se régler pour la rentrée 2026, a-t-il argué, d'abord parce qu'on a besoin de stabilité et surtout parce que ce n'est pas quelque chose que l'on peut réussir en six mois. C'est à mon sens un vrai débat pour la présidentielle de 2027."

 

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