Un quart des agents publics envisagent un départ dans le secteur privé

Le baromètre du travail de la fonction publique que la CFDT a rendu public le 30 avril livre un portrait assez sombre des agents publics. Le moral de ces derniers est plombé notamment par la perte d’attractivité de leurs métiers. 24% déclarent qu'il est probable qu'ils quitteront la fonction publique dans les prochaines années.

L’enquête a été réalisée en janvier par le cabinet Vérian auprès de 1.000 agents (fonctionnaires et contractuels) représentatifs des trois versants de la fonction publique. 44% des agents ayant répondu se disent inquiets et 36% gagnés par la lassitude. C'est moins le cas des agents territoriaux (respectivement 39% et 30%). On trouve également davantage d'agents territoriaux avec un état d'esprit positif (34% disent avoir de l'espoir, contre 28% pour les agents des hôpitaux et 25% des agents de l'État).

Dans le même temps, 84% des agents ont le sentiment de faire du bon travail, 74% trouvent du sens dans leur travail et 66% se sentent bien au travail. Par ailleurs, 73% des agents sont attachés au fait de travailler pour la fonction publique. Dans la fonction publique territoriale, l'attachement est plus fort chez les agents de catégorie A (84%) que chez ceux de la catégorie C (67%).

Cet attachement ne suffit toutefois plus à retenir les agents. 24% déclarent qu'il est assez ou très probable qu'ils quitteront la fonction publique dans les prochaines années. 53% de ces agents déclarent que leur envie de départ est motivée par l'insuffisance de leur salaire, tandis que 44% mettent en avant les conditions de travail dégradées.

Temps de travail : le secteur public jugé toujours avantageux

La concurrence exercée par le secteur privé est très vive. Il n’y a en effet qu’en matière de temps de travail que les agents publics sont plus nombreux (36%) à considérer que la fonction publique est avantageuse par rapport au privé (19% jugeant qu'elle est désavantageuse dans ce domaine). Les autres (45%) estiment que, sur ce point, la situation est la même. Sur de nombreux autres aspects (perspectives de carrière, reconnaissance de son travail par la société, montant des retraites), les agents publics jugent que leur situation soutient mal la comparaison avec le secteur privé. C'est bien en matière de rémunération que "le sentiment de décrochage par rapport au privé" est "le plus fort", selon la CFDT : 67% des répondants considèrent qu'"ils sont moins bien lotis que les salariés du privé".

Toujours selon l'enquête, 60% des agents des trois versants se sentent soutenus par leur supérieur hiérarchique direct et 76% par leurs collègues. Dans la fonction publique territoriale, c'est le cas respectivement de 65% et 75% des agents. En revanche, seule une minorité des agents publics estiment pouvoir compter sur le soutien de leur administration (31% pour l'ensemble de la fonction publique et 40% pour les agents territoriaux).

 

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