Une "force de frappe historique" avec 4.050 tiers-lieux recensés malgré la dissolution du GIP

Le mouvement des tiers-lieux continue de gagner du terrain en France, mais dans un contexte de fortes inquiétudes budgétaires. Selon le panorama 2026 publié mardi 29 septembre 2026 par l'Association nationale des tiers-lieux (ANTL), la France compte désormais 4.050 tiers-lieux, contre 3.500 en 2023 et 1.800 en 2018. Ces structures revendiquent aujourd'hui plus de 10 millions de visiteurs annuels, 900.000 adhérents, 20.000 bénévoles, 12.000 emplois et 440 millions d'euros d'activité économique.

Ces données sont publiées quelques semaines après la fermeture, le 31 août 2026, du groupement d'intérêt public (GIP) France Tiers-Lieux, qui portait depuis 2021 la politique nationale (notre article du 15 juillet 2026).  Pour l'ANTL, ce contraste illustre une contradiction : "au moment où les tiers-lieux atteignent une 'force de frappe historique' et démontrent leur utilité pour les territoires, l'État se retire de leur accompagnement". 

Le recensement met en évidence l'ancrage territorial de ces structures. Plus d'1/3 des tiers-lieux sont implantés en milieu rural et 1/5 dans les petites villes et villes moyennes. Plus de 71% ont été créés par des associations, des collectifs citoyens ou des entrepreneurs engagés. 
Les collectivités locales apparaissent davantage comme partenaires que comme initiatrices : 94% des tiers-lieux déclarent travailler avec des acteurs publics et plus des trois quarts avec leur commune.

En moyenne, chaque lieu accueille 9 activités différentes. Près des trois quarts développent une programmation culturelle, 71% conduisent des actions de formation ou d'éducation populaire et 60% proposent des espaces de travail partagés. En 2025, le réseau a organisé 246.000 événements et formé 240.000 personnes.

Reste que plane la question de la pérennité financière. Selon l'enquête, 28% des tiers-lieux ont vu leur budget diminuer et, dans près de trois cas sur quatre, cette baisse est liée à la réduction des subventions publiques. Surtout, 42% des structures interrogées considèrent la baisse des financements comme la principale menace pour les douze prochains mois, tandis que 8% évoquent un risque de fermeture.

Alors que se profilent les débats budgétaires pour 2027, l'Association nationale des tiers-lieux entend poursuivre le plaidoyer engagé après la disparition du GIP. Elle appelle les pouvoirs publics à considérer les tiers-lieux non comme une dépense facultative, mais comme un "investissement dans la cohésion sociale, l'innovation locale et la vitalité des territoires".

 

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