VivaTech 2026 : sous le signe de l'IA et des infrastructures souveraines
À l'occasion de la 10ᵉ édition du salon parisien qui s'est tenu du 17 au 20 juin 2026, gouvernement et collectivités ont convergé sur la nécessité d'accélérer l'adoption de l'IA par le tissu économique tout en consolidant la souveraineté technologique. Revue des principales annonces repérées par Localtis.
© @Bpifrance
À la veille du salon, le 16 juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé 655 millions d'euros supplémentaires pour le développement de l'intelligence artificielle, destinés à "soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, les entreprises et les filières industrielles". Mobilisée via France 2030, cette enveloppe cible les AI Gigafactories et des projets d'intérêt européen (PIIEC) dédiés à l'IA. Une thématique qui était, cette année encore, au cœur du VivaTech. Cette édition a réuni plus de 15.000 startups, dont plusieurs centaines portées par des délégations régionales, et 4.000 investisseurs.
51 pionniers de l'IA
Le salon a été l'occasion de révéler les 28 nouveaux lauréats de l'appel à projets "Pionniers de l'IA". Un dispositif reposant sur un "challenge en entonnoir" avec une sélection par phase, visant à repérer et financer les technologies d'IA innovantes. La santé concentre la plus grande part des projets retenus (diagnostic prédictif en oncologie, prévention de la récidive d'AVC), devant l'industrie et la robotique (simulation physique accélérée, inspection automatisée des lignes de production). D'autres répondent aux enjeux de souveraineté et de sécurité, à l'image de la détection précoce des opérations d'influence, ou à ceux de la transition écologique, avec la gestion des réseaux électriques. Avec les 23 projets de la première relève, l'État en soutient désormais 51 au total.
Critères de souveraineté pour la French Tech
La promotion 2026 du French Tech Next40/120, dévoilée le 15 juin, intègre désormais des critères de souveraineté. Au-delà d'éléments financiers, le comité de sélection tient compte de l'excellence technologique (brevets, R&D), de la dimension internationale, de l'impact économique et de la création d'emplois, notamment en France. La promotion compte ainsi 25 entreprises disposant de sites de production en France, soit 33 sites industriels répartis dans dix régions, et 40% sont sur le créneau des technologies de rupture (Deep Tech). La French Tech ultramarine n'est pas en reste avec une cinquantaine de startups et un plan innovation outre-mer doté de 14 millions d'euros dans le cadre de France 2030.
Osez l'IA s'élargit aux outre-mer
Au-delà des startups, l'objectif du gouvernement est de renforcer l'adoption de l'IA par le tissu économique. Le plan "Osez l'IA", dédié aux entreprises, est conforté. Lancé en juillet 2025, il vise un taux de diffusion de l'IA, à l'horizon 2030, de 100% dans les grandes entreprises, 80% dans les PME et ETI et 50% dans les TPE. Le réseau des "ambassadeurs IA" s'enrichit de 45 nouveaux membres, pour atteindre 615 ambassadeurs répartis dans 20 régions sur 13 secteurs. Il s'étend désormais aux départements et collectivités d'outre-mer. En neuf mois, ces actions de sensibilisation ont déjà touché plus de 35.000 entreprises.
Les acteurs économiques sont incités à utiliser la plateforme "Accélérez avec l'IA". Développée par Bpifrance, elle valorise plus de 75 cas d'usage concrets et sera enrichie au fil de l'eau. La publication d'un catalogue de solutions "souveraines" d'IA pour PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) est annoncée pour les prochaines semaines, sur la base des lauréats de l'appel à manifestation d'intérêt de la DGE de mai dernier.
Datacenters, IA et quantique pour les régions
Du côté des régions, la souveraineté numérique devient un sujet d'infrastructures. La région Île-de-France, qui concentre l'essentiel de la puissance de calcul en France, a annoncé soumettre au vote le 25 juin une stratégie régionale d'encadrement de l'implantation des datacenters pour concilier "capacités de calcul souveraines, exigences environnementales (sobriété, récupération de chaleur) et retombées territoriales". Elle ambitionne de bâtir une chaîne de valeur française de l'IA, de la puce au cloud avec Scaleway (datacenters), Vsora (composants) et ZML (programmation informatique). Elle initie aussi une "maison du quantique" sur le plateau de Saclay. Les Hauts-de-France, après les annonces de Choose France – 45 milliards d'euros d'investissement de Soft Bank dans les datacenters –, sont également venus en force pour pousser leur écosystème data/IA. Et après l'Occitanie, en 2024, la région Sud a présenté son plan pour une IA "frugale, souveraine et utile" via une stratégie mobilisant 70 millions d'euros sur cinq ans.