61.500 entrepreneurs ont perdu leur emploi en 2025
Près de 61.500 chefs d'entreprise, essentiellement des TPE, ont perdu leur emploi l'an dernier, selon l'Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. La construction et le commerce sont les secteurs les plus affectés. De même que l'outre-mer et la région Nouvelle-Aquitaine.
© Association GSC
61.459 chefs d’entreprise ont dû liquider leur société en 2025, selon les données de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs coréalisé entre l’association GSC et le cabinet Altares, publié le 12 mars. Ce qui représente 168 personnes par jour. Le niveau se stabilise par rapport à 2024 (+1%) mais reste à un plus haut historique, le cap des 60.000 pertes d'emplois d'entrepreneurs étant dépassé pour la deuxième année consécutive. Toutefois la progression ralentit fortement par rapport aux années précédentes (+34% en 2022, +33% en 2023, +18% en 2024) et atteint un "plateau". "Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial. Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable", commente cependant Hervé Kermarrec, président de l’association GSC, l'assurance chômage privée des chefs d’entreprise. Ce sont les TPE qui sont les plus exposées puisque plus de 8 entrepreneurs touchés sur 10 dirigeaient une entreprise de moins de 5 salariés (50.451). Elles "concentrent l’essentiel des difficultés : manque de trésorerie, vulnérabilité face aux impayés ou aux bouleversements de marché", souligne l’observatoire.
La progression est particulièrement élevée chez les agriculteurs (+12,4%), même si en volume, elle reste marginale (1,6% des pertes), à l’inverse de la construction et du commerce qui représentent respectivement 25,2 et 21,3% des pertes (+2,8%) d’emplois chez les entrepreneurs avec, toutefois, une légère amélioration. Le secteur hébergement, restauration, débits de boisson est à la peine et connait une augmentation de 7,6% des pertes d’emplois, soit 13,9% du total.
"Cinq années d'instabilité économique"
Géographiquement, c’est l'outre-mer (+24%) et la Nouvelle-Aquitaine qui enregistrent la plus forte augmentation (+10,8%), devant la Corse (+7,4%), le Grand Est (3,1%) et Pays de la Loire (+2,8%). A l’inverse, la région Paca connait la plus forte décrue (-6,9%).
"Les cinq dernières années d’instabilité économique permanente ont fini par épuiser les ressources morales et financières de nombreux dirigeants", analyse Thierry Millon, directeur des études chez Altares. Avec 6.400 défaillances enregistrées en janvier, l'année 2026 se présente sous de mauvais auspices.
Le mois dernier, le ministre des PME Serge Papin a réuni l'ensemble des services et acteurs de l'accompagnement des entreprises en difficulté pour tenter d'intervenir aux premiers "signaux d'alerte" (lire notre article du 5 février). Il a apporté son soutien à plusieurs initiatives parlementaires, dont la proposition de loi Rietmann visant à réduire les retards de paiements, adoptée à l’unanimité par le Sénat en première lecture le 19 février (lire notre article du 20 février).