Après les rémunérations, le gouvernement lance la revalorisation des carrières des soignants des hôpitaux et des Ehpad

Après l'amélioration de la rémunération des personnels – effective pour les hôpitaux publics et les Ehpad, en cours pour les services associatifs de l'aide à domicile et en négociation pour les établissements et services privés –, le gouvernement s'attaque à un autre volet du Ségur de la santé : la revalorisation des carrières. Il s'agit en l'occurrence de "reconnaître l'engagement des soignants paramédicaux et susciter des vocations".

À l'occasion de la réunion, le 12 avril, du comité de suivi du Ségur de la santé, réunissant toutes les parties prenantes, Olivier Véran a donc présenté les grandes lignes de cette nouvelle étape. La revalorisation des carrières se déroulera en deux temps. À compter du 1er octobre 2021, elle concernera l’ensemble des personnels soignants, ainsi que les professionnels médicotechniques et de la rééducation, soit environ 500.000 professionnels intervenant dans les établissements sanitaires, médicosociaux ou encore dans les services sociaux de la fonction publique hospitalière. Dans un second temps, en "début d'année 2022", elle sera étendue à la fonction publique territoriale, à la fonction publique d’État et au secteur privé (lucratif et non-lucratif), "après négociation pour les modalités de transpositions".

Pour cette deuxième étape d'extension aux fonctions publiques d'État et territoriale, un "travail spécifique", coordonné par le ministère de la transformation et de la fonction publiques en lien avec les acteurs concernés, va être rapidement engagé. De son côté, le ministère des solidarités et de la santé "ouvrira dans les tous prochains jours des discussions avec le secteur des établissements privés non lucratifs et lucratifs pour examiner les modalités d’adaptation et de transposition de ces mesures de revalorisation des grilles dans ces secteurs".

Selon le document de présentation du ministère, la mise en œuvre de ces revalorisations de grille représente un coût de 740 millions d’euros en année pleine. Le document donne également des exemples par professions, à différents niveaux d'ancienneté. Il s'agit d'exemples sur les personnels soignants des hôpitaux et des Ehpad. Ainsi, une infirmière en soins généraux après cinq ans de carrière gagnera 2.207 euros nets par mois au lieu de 1.872 avant le Ségur de la santé (+335 euros nets). En fin de carrière, son salaire mensuel net sera de 3.398 euros, au lieu de 2.863 avant le Ségur (+536 euros nets). Autre profession très présente dans les Ehpad : l'aide-soignante. Après cinq ans de carrière, sa rémunération mensuelle nette sera de 1.837 euros, contre 1.577 euros avant le Ségur (+261 euros nets). Après vingt ans de carrière, ces chiffres seront respectivement de 2.334 contre 1.999 euros (+335 euros nets) et, en fin de carrière, de 2.954 contre 2.303 euros (+651 euros nets).

Ces revalorisations significatives, qui tournent autour de 20%, ne sont pas le seul fait de la révision des progressions de carrière. Elles résultent en effet à la fois – dans des proportions variables – des revalorisations salariales immédiates de l'acte I du Ségur de la santé et des améliorations de carrière proprement dites : révision des grilles, accès à la catégorie B pour les aides-soignantes... Pour l'aide-soignante en fin de carrière, les 651 euros nets mensuels supplémentaires se répartissent ainsi en 183 euros nets au titre de la revalorisation salariale du Ségur de la santé et 468 euros nets au titre du passage de la profession en catégorie B.

 

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