Assistants familiaux : le gouvernement veut "élargir le vivier de recrutement", mais ne convainc pas
Pour attirer de nouvelles recrues vers cette activité cruciale pour l'Aide sociale à l'enfance, mais en perte de vitesse, le gouvernement va autoriser les agents publics à l'exercer à titre accessoire. Les syndicats dénoncent "une mauvaise solution à un vrai problème".
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Face à la pénurie d'assistants familiaux, le gouvernement entend "diversifier les voies d'accès" à cette profession. Dans cet esprit, il veut faciliter l'exercice de cette activité par les agents publics. L'idée est d'"élargir le vivier des personnes pouvant contribuer à l'accueil des enfants confiés" à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) par "l'ouverture encadrée de l'activité d'assistant familial aux agents publics susceptibles de l'exercer à titre accessoire", précise-t-il.
Lors de la séance du Conseil commun de la fonction publique (CCFP) du 15 octobre, l'exécutif a présenté un projet de décret en Conseil d'État, qui concrétise cet objectif. Le projet de texte inscrit l'activité d'assistant familial à la liste des activités dont l'exercice à titre accessoire par un agent public est susceptible d'être autorisé (enseignement, formation, services à la personne, travaux de faible importance réalisés chez les particuliers...). Il fixe précisément le cadre d'exercice de l'activité : l’agent public ne doit accueillir "qu’un seul mineur ou jeune majeur de moins de vingt et un ans, en âge d’être scolarisé, étudiant ou en emploi, dans le cadre d’un accueil continu ou intermittent".
Cumul d'activités
Le projet de décret ouvre également la possibilité, pour les assistants familiaux employés par une personne morale de droit public, "à l’instar de ce qui est déjà prévu pour les assistants maternels", d'exercer une deuxième activité professionnelle. Cette activité supplémentaire, qui requerra "l’autorisation préalable de la collectivité ou de l’établissement employeur", ne devra cependant pas "porter préjudice" à l’exercice de la fonction d’accueil.
Selon la Direction des études du ministère de la Santé, seuls 36% des enfants confiés à l’ASE étaient accueillis fin 2023 par des assistants familiaux, contre 56% en 2006. Ces résultats ne manquent pas d'alarmer le gouvernement, les employeurs publics et les syndicats. Mais ces derniers sont en désaccord avec la solution qui est avancée par l'exécutif. "On s'adresse à la bonne volonté de fonctionnaires qui ont déjà un travail, à temps plein pour la plupart d'entre eux et qui se plaignent, à chaque fois qu'on les interroge, de leur charge de travail et de leurs conditions de travail", proteste Damien Leroux, de la CFDT.
Intégration à la fonction publique
"C'est une mauvaise réponse à un vrai problème", renchérit Pascal Kessler, président de la FA-FP. Et ce n'est pas ce que les gens qui sont dans la profession attendent, complète-t-il, en interrogeant : "Comment peut-on assurer une activité et en plus celle d'assistant familial, qui est un sacerdoce, avec toutes les contraintes qu'elle comporte, et cela même en la limitant à l'accueil d'un enfant scolarisé ?"
Les autres syndicats sont sur la même ligne. C'est donc à l'unanimité que lors de la dernière séance du CCFP, ceux-ci se sont prononcés contre le projet de décret. A la place, ils préconisent la création d'un cadre d'emploi plus protecteur pour les assistants familiaux, lesquels sont aujourd'hui des agents contractuels employés principalement par les départements. En mars 2025, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) plaidait pour la création d'un cadre d'emplois de catégorie B ayant vocation à accueillir les assistants familiaux et maternels, avec l'organisation d'un concours sur titre pour recruter les nouveaux agents (voir notre article). Pour l'instance, le statut de la fonction publique territoriale offrirait "une stabilité financière" et "un déroulement de carrière" à ces professionnels.