Catastrophes naturelles : la sécheresse à l'origine de la moitié des dégâts assurés en 2025
Les dégâts causés par la sécheresse ont représenté en 2025 près de la moitié de ceux causés par l'ensemble des catastrophes naturelles sur l'année, selon une estimation publiée ce 23 juin par la Caisse centrale de réassurance (CCR). Depuis le début des années 2000, la sécheresse ne cesse de monter en puissance dans le coût global du régime Cat Nat.
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"Entre 770 millions et 1 milliard d'euros" : tel est le coût global des dommages assurés pour l'année 2025 pour la sécheresse, selon un rapport publié ce 23 juin par la Caisse centrale de réassurance (CCR). Viennent ensuite les vents cycloniques (entre 340 et 480 millions d'euros) et les inondations (entre 178 et 219 millions d'euros). "L'année 2025 (…) confirme l'installation durable d'un niveau de sinistralité élevé : les dommages assurés se situent désormais régulièrement autour de 2 milliards d'euros par an, dont plus d'un milliard d'euros pris en charge en réassurance par CCR", écrit Antoine Quantin, directeur réassurances et conseil, en introduction du rapport. Cette évolution traduit à la fois "l'exposition croissante des territoires" et "l'intensification de certains aléas" dans un climat "qui change", ajoute-t-il.
Phénomène de retrait-gonflement des argiles
Sur les 10 dernières années, la sécheresse a représenté 53,1% de la sinistralité (rapport entre le nombre de sinistres et le nombre d'assurés) contre 41,2% depuis 1983. Sans atteindre l'ampleur exceptionnelle de la sécheresse de 2022, l'année 2025 a été marquée par deux épisodes ayant tout de même provoqué des "dommages considérables" sur les bâtiments exposés au retrait-gonflement des argiles (RGA). Après un début d'année encore humide sur une partie du Nord-Ouest, la situation s'est rapidement inversée au printemps, avec un "asséchement marqué" au nord de la Loire sous l'effet d'un fort déficit de pluie et d'un ensoleillement excédentaire. Un second pic a été observé en été, causé par une chaleur durable et une pluviométrie déficitaire.
Selon Météo-France, l'été 2025 s'est classé au troisième rang des étés les plus chauds recensés depuis 1900, avec 27 jours en conditions de vague de chaleur, et l'année 2025 s'est classée au quatrième rang des années les plus chaudes depuis 1900. Sur le plan hydrologique, l'année a présenté des tensions inédites : baisse généralisée des nappes en été (77 à 88% des niveaux en baisse), "étiages sévères" (jusqu'à 1.134 stations en rupture fin août) et un pic de restrictions d'eau (jusqu'à 78 départements concernés début septembre), avant une décrue progressive en novembre, rappelle la CCR.
2003, "premier jalon majeur"
Le réassureur public souligne dans son rapport que la sinistralité du régime Cat Nat connaît, depuis le début des années 2000, "plusieurs exercices atypiques qui traduisent à la fois le poids croissant de certains événements extrêmes et la montée en puissance de la sécheresse dans le coût global du régime". L’année 2003 constitue "un premier jalon majeur", avec plus de 4 milliards d'euros de dommages assurés, dont plus de la moitié liée à la sécheresse, qui demeure "l’un des épisodes les plus coûteux jamais enregistrés".
Après une année 2004 "exceptionnellement faible", la décennie suivante a été marquée par plusieurs exercices dominés par les inondations, notamment en 2010 avec la tempête Xynthia et les crues du Var, puis par "une sinistralité plus composite en 2011", où sécheresse et inondations se partagent l’essentiel des coûts. "À partir de 2016, la sinistralité annuelle dépasse presque systématiquement la moyenne historique du régime, à l’exception notable de 2021, sous l’effet de la répétition d’épisodes de sécheresse sévères", note le rapport.
Les années 2017 et 2018 sont révélatrices de cette double exposition avec d’un côté des événements intenses et concentrés, comme le cyclone Irma, dont le coût a dépassé 2,6 milliards d'euros, de l’autre des sécheresses massives, avec des montants compris entre 1,5 et 1,6 milliard d'euros en 2017 et estimés à 2,7 milliards d'euros en 2018.
2022, exercice le plus coûteux depuis l'origine du régime Cat Nat
Mais 2022 reste l'exercice le plus coûteux jamais observé pour le régime Cat Nat depuis 1982, avec près de 3,9 milliards d'euros de sinistres, dont plus de 95% imputables à la sécheresse. "L’année 2024 confirme enfin le maintien d’un niveau élevé de sinistralité, autour de 2 milliards d'euros porté à la fois par le cyclone Chido et par une sinistralité attritionnelle particulièrement importante", observe la CCR. "L’ensemble de ces exercices souligne une évolution structurelle : le régime reste exposé aux grands événements soudains, cyclones, submersions, inondations, mais son équilibre est désormais de plus en plus déterminé par la fréquence et l’intensité des sécheresses", conclut-elle.