À ce jour, une vingtaine de départements seulement ont accordé des primes Covid-19

Alors que le premier volet du Ségur de la santé, consacré aux rémunérations et concrétisé par un protocole signé le 13 juillet, a officialisé la revalorisation des salaires des personnels non-médicaux des hôpitaux et Ehpad, avec une enveloppe considérable de 7,6 milliards d'euros (voir notre article du 15 juillet 2020), un large flou règne encore sur le versement d'une prime Covid-19 aux personnels des services d'aide à domicile (Saad), voire à certains salariés des départements (comme les personnels de l'ASE).
En juin, 18 grandes associations du secteur social et médicosocial avaient ainsi adressé une lettre ouverte au président de la République pour s'inquiéter du sort de la prime exceptionnelle (voir notre article du 12 juin 2020). Les signataires considéraient que "compter sur l'engagement des départements à octroyer cette prime ne saurait tenir que si l'État est directement le financeur et le garant et que, par conséquent, une dotation spécifique soit prévue dans le cadre de la prochaine loi de finances rectificative", ce qui n'est pas le cas.
Conséquence : des situations très disparates selon les territoires. Cette disparité sépare les départements qui ont décidé de verser une prime et ceux qui n'entendent pas le faire, mais concerne aussi le montant et la nature de cette prime lorsqu'elle est versée. Selon un pointage réalisé par le site spécialisé Le Média Social, seuls 18 départements sur 101 auraient, à ce jour, décidé d'accorder une prime aux personnels des Saad. Les autres estiment que l'État ayant plus ou moins annoncé cette prime pour les personnels des Saad, il lui appartient de la financer. Pour sa part, l'État renvoie la balle aux départements, en rappelant qu'il leur incombe de financer les Saad via l'APA ou la PCH.
Parmi les départements qui ont choisi de verser une prime, certains la réservent aux seuls personnels des Saad, a priori les plus exposés. D'autres l'accordent aussi aux assistantes familiales employées par l'aide sociale à l'enfance. Enfin, quelques-uns ont décidé d'un périmètre plus large. Les montants sont également très variables allant de 200 euros dans la Vienne à 1.500 euros dans le Pas-de-Calais, la Seine-Saint-Denis ou la Meurthe-et-Moselle, en passant par 1.000 euros dans les Côtes-d'Armor, la Drôme, le Puy-de-Dôme, la Somme (voir notre article dans l'édition de ce jour) et quelques autres. Pour compliquer le tout, certains départements, comme le Nord, cumulent une prime (800 euros) et le financement d'une revalorisation salariale à venir.
Derniers enseignements apportés par le pointage du Média Social : le choix d'accorder ou non une prime transcende les clivages politiques (12 départements de droite et 6 de gauche), mais ne recouvre pas vraiment les territoires les plus touchés par le Covid-19, avec peu de départements engagés en Île-de-France, dans le Grand Est ou dans les outre-mer.

 

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