Comité d'alerte des finances publiques le 7 juillet, nouvelles économies à la clef

Le prochain comité d'alerte des finances publiques se réunira le 7 juillet, pour un bilan des six premiers mois de l'année, avec à la clef l'annonce attendue de nouvelles économies, a indiqué dimanche 28 juin le ministre des Comptes publics, David Amiel. Tout en assurant ne pas vouloir faire des fonctionnaires des "boucs émissaires".

"On a eu, depuis le début de l'année, une série de chocs sur l'économie française. Il y a d'abord eu l'impact de la guerre en Iran, on a désormais une période caniculaire. C'est la raison pour laquelle le 7 juillet nous réunirons un comité d'alerte des finances publiques", a dit David Amiel, invité de l'émission Questions politiques de France Inter, franceinfo TV et Le Monde.

Dans son rapport publié trois jours plus tôt, la Cour des comptes a averti que "tous les signaux" des finances publiques françaises étaient "au rouge". Elle a souligné que le ratio de dette de la France, qui s'établissait à 117,5% du produit intérieur brut à fin mars, était "le seul de la zone euro à avoir dépassé le pic de la crise sanitaire" du Covid-19, et s'est inquiétée de l'"augmentation massive" de la charge de cette dette (sur ce rapport, voir notre article du 25 juin).

"La Cour des comptes a 100 fois raison", a commenté David Amiel dimanche. "Evidemment, nous sommes dans une situation très préoccupante. On est assis sur un baril de poudre. On a eu un déficit qui est parmi les plus élevés d'Europe", a-t-il poursuivi.

Le comité d'alerte devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril (voir notre article sur la précédente réunion du comité). Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a estimé jeudi à 6 milliards d'euros supplémentaires les coupes à réaliser pour tenir le budget 2026.

Pour financer les besoins d'investissement dans l'avenir, notamment pour l'adaptation au changement climatique des infrastructures publiques comme les établissements scolaires, "il faut pouvoir se dégager des marges de manoeuvre", a dit David Amiel, rappelant que la charge de la dette était aujourd'hui "le premier poste avant tous les autres ministères y compris l'éducation nationale et la défense" et appelant à "réformer notre modèle social".

Il s'est par ailleurs dit opposé à une loi de finances rectificative pour 2026, réclamée par Eric Coquerel. Le ministre a aussi indiqué que, pour le vote du budget 2027, "la ligne du gouvernement est claire. On négocie avec la droite républicaine, avec la gauche républicaine, avec le bloc central. Moi, je ne négocierai pas avec le Rassemblement national et la France insoumise".

Les fonctionnaires ne doivent pas être "les boucs émissaires" des difficultés financières de la France, a-t-il en revanche assuré. "Ce n'est pas de la faute des fonctionnaires. Ce n'est pas (le) nombre d'emplois dans la fonction publique de l'État qui a creusé les déficits publics ces dernières années", a dit le ministre, évoquant "le poids, à l'inverse, des dépenses sociales".

L'ensemble des organisations syndicales représentatives de la Fonction publique - CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP - a appelé les agents à une journée de mobilisation ce mercredi et à des manifestations à la rentrée, "intégrant la perspective d'une grève" le 29 septembre face à "l'absence de réponse salariale immédiate du gouvernement", selon un communiqué commun. L'enjeu des rémunérations cristallise les revendications, alors qu'une réunion sur le sujet est prévue début juillet entre gouvernement et syndicats notamment. Les organisations réitèrent leurs demandes de mesures urgentes et immédiates, notamment une "revalorisation significative" de la valeur du point d'indice ou encore le rétablissement d'une prime en faveur du pouvoir d'achat, suspendue en 2024. Les syndicats réclament aussi une refonte des grilles indiciaires. "Nous avons un dialogue avec les organisations syndicales. On est dans une situation de finances publiques compliquée", a indiqué David Amiel.

Le ministre n'a pas directement évoqué les finances locales. On sait déjà toutefois que des annulations de crédits affectant les collectivités ont été entérinées par deux décrets publiés le 12 juin (voir notre article). S'agissant des perspectives pour 2027, on attend toujours le pré-rapport de la mission parlementaire sur les ressources financières des collectivités. Initialement annoncée pour fin juin, sa remise serait désormais prévue "dans la semaine du 13 juillet", selon le député Jean-René Cazeneuve qui en fait partie. Des auditions menées par la mission, "un constat se dégage clairement", écrit Jean-René Cazeneuve dans sa newsletter : "Il va falloir trouver des économies, mais les collectivités se montrent disposées à travailler avec nous pour y parvenir. Nous devons collectivement faire des choix intelligents, qui préservent les capacités d'investissement des territoires sans renoncer à l'effort de redressement des finances publiques."

 

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