Comment le gouvernement entend doper l’emploi des jeunes

Emploi futur : voilà le nom de code du "grand plan interministériel" dévoilé jeudi 7 mai et qui ambitionne d’accélérer l’emploi des jeunes dont les indicateurs placent le plus souvent la France derrière ses voisins européens.

Un grand plan destiné à accélérer l’emploi des jeunes sans ligne budgétaire supplémentaire. Voilà résumée l’équation du dispositif Emploi futur présenté par le ministère du Travail et des solidarités jeudi 7 mai. Un travail collectif qui aura impliqué plusieurs ministères (Éducation nationale, Sports et jeunesse, Enseignement supérieur et recherche...) dans l’optique de juguler une spécificité décrite comme un "paradoxe français" : si le taux de jeunes diplômés augmente en France, le temps moyen d’insertion des jeunes sur le marché du travail est plus long que chez nos voisins et le nombre de jeunes sans emploi, ni scolarisés, ni en formation (Neets) dépasse également la moyenne européenne. Dans un pays où le taux de chômage des jeunes atteint 21,5% et où le taux d’emploi de dépasse guère 34%, l’enjeu est de taille.

En attendant les discussions à venir sur le prochain projet de loi de finance (PLF 2027) dans lequel le ministre du Travail et des solidarités, Jean-Pierre Farandou, prévoit de placer l’emploi des jeunes au rang des priorités, le gouvernement a donc décidé de miser sur une stratégie interministérielle de court et moyen termes qui reprend des dispositifs existant que l’État souhaite intensifier dans les mois qui viennent. En lien, bien évidemment, avec l’ensemble des acteurs de l’emploi. Le plan présenté jeudi 7 mai, que l’entourage du ministre a pris le soin de présenter comme n’étant "pas figé", s’articule autour de trois axes au sein desquels sont déclinées quinze mesures.

Le premier concerne l’orientation et la sensibilisation des jeunes aux métiers qui recrutent avec l’ambition, explique le ministère, de sécuriser les parcours en rendant l’information plus lisible, plus accessible pour les jeunes et leurs familles. Une première mesure annoncée concerne la création d’un InserScore, un indicateur qui recense les débouchés offerts par les différentes formations et renseigne, par exemple, sur les salaires médians par métier. Le ministère annonce à ce titre la mise à disposition prochaine d’une application unique donnant accès à ces données. En parallèle, le plan gouvernemental entend favoriser la découverte des métiers et ce dès le collège en valorisant les parcours dans certaines filières délaissées telle que la filière scientifique ainsi qu’en mettant l’accent sur les métiers qui recrutent dans des secteurs tels que la défense, l’industrie ou encore le nucléaire. Toujours s’agissant de l’orientation, le plan prévoit de mettre l’accent sur les filières courtes afin de toucher un public de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur issus de filières "peu insérantes" et qui cherchent à se réorienter. Le ministère annonce à ce titre la mobilisation renforcée du dispositif de la préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI) pilotée par France Travail ainsi qu’une réflexion en cours sur la création prochaine d’une plateforme "1JeuneDes solutions" en écho à "1Jeune1solution".

Rapprocher les jeunes de l’entreprise

Le second axe du plan gouvernemental vise à rapprocher les jeunes de l’entreprise. En travaillant en premier lieu sur le sujet de la santé et de la sécurité au travail auquel les jeunes "sont particulièrement exposés", reconnaît le ministère qui entend contribuer à développer une véritable "culture de la prévention en matière de santé et de sécurité au travail". L’enjeu est également celui de l’adaptation des parcours individuels aux besoins exprimés dans les territoires. Sur ce point, le gouvernement souhaite développer les stages ou encore les contrats d’intérim qui sont autant de vecteurs permettant aux jeunes de "mettre un pied dans l’entreprise" dans le cadre de leur accompagnement par les missions locales. Le tout en coconstruction avec les branches professionnelles. Le "Passeport de compétences" (lire notre article du 5 mai) est également au menu afin de valoriser des parcours les moins "linéaires" en tenant compte, par exemple, de l’engagement associatif ou sportif de certains jeunes. S’agissant des "jobs étudiants", globalement moins mobilisés que chez nos voisins européens, le ministère annonce la publication d’un guide à la rentrée prochaine afin de renforcer l’accompagnement des jeunes qui cumulent emploi et études.

Le troisième et dernier axe du plan vise à anticiper les ruptures de parcours avec comme premier jalon la lutte contre le décrochage scolaire. Un sujet à propos duquel le cabinet du ministre du Travail annonce pour les prochains mois "une feuille de route avec des actions concrètes" dans le cadre de travaux qui doivent s’engager avec les départements et les régions. En s’appuyant sur les dispositifs Avenir Pro (accompagnement vers l’emploi des lycéens professionnels) et Avenir Pro +, le gouvernement souhaite enfin développer une offre "Avenir Pro Sup" à destination des étudiants sortant de l’enseignement supérieur sans diplômes, ainsi que renforcer le mentorat et le parrainage vers l’emploi ou encore rendre plus visible les Epide (établissements pour l’insertion dans l’emploi) et autres E2C (écoles de la deuxième chance).

La mise en œuvre de ce plan d’accélération de l’emploi des jeunes devra se faire sans ressources budgétaires supplémentaires, confirme le ministère du Travail qui entend "aller vite" sur le sujet.

 

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