Datacenters : le gouvernement pousse les collectivités à organiser la sélection des opérateurs
Dans la lignée du guide de la DGE (voir notre article du 1er décembre 2025), la ministre en charge du numérique et de l'intelligence artificielle, Anne Le Hénanff, a introduit le 30 janvier 2026 à Bercy les premières "rencontres des centres de données", près d'un an après le Sommet pour l'IA. La ministre a insisté sur "les opportunités" que représentent les datacenters pour les territoires, en termes d'emplois et d'innovation, les datacenters, indispensables à l'IA, constituant un maillon essentiel de la souveraineté numérique.
Sur les 63 sites identifiés en 2025 par la taskforce nationale pilotée par la DGE, Business France et RTE comme favorables à l'implantation de datacenters, 26 sont déjà préemptés par un porteur de projet. La taskforce suit 52 entreprises et a "sécurisé" 5,8 gigawatts de puissance électrique depuis un an sur un objectif de 28,6 GW. Cinq sites bénéficient d'une procédure de raccordement électrique accéléré "fast track".
Alors que certains territoires manifestent des réticences – un collectif a récemment identifié une quinzaine de sites contestés (voir notre article du 14 janvier 2026) – la ministre a vanté les mérites des appels à manifestation d'intérêt (AMI) pour sélectionner les opérateurs, garantir le respect de critères environnementaux et créer des synergies avec le tissu économique local. Elle a encouragé la création de comités de pilotage locaux réunissant services déconcentrés, collectivités et opérateurs de l'État. Anne Le Hénanff a martelé la nécessité de "transformer chaque projet en réussite territoriale" en construisant l'acceptabilité locale par un "dialogue nourri" avec les élus et les habitants, tout en démontrant que développement numérique et transition écologique peuvent aller de pair.