Dotation globale de fonctionnement : les montants 2026 de chaque collectivité dévoilés
L'État a publié le 31 mars les montants de dotation globale de fonctionnement (DGF) attribués à chaque collectivité et groupement de communes en 2026. La stabilité en euros courants de la principale dotation accordée aux collectivités masque des fortunes diverses. Si 52% des communes bénéficient d’une progression de leur DGF - selon le gouvernement -, les autres subissent des baisses parfois marquées et inattendues.
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La direction générale des collectivités locales (DGCL) assurait au début du mois qu'elle "met[tait] tout en œuvre afin d'être en mesure de communiquer les données individuelles relatives à la dotation globale de fonctionnement (DGF) au 31 mars 2026" (voir notre article). L'objectif est désormais atteint pour l'administration de la Place des Saussaies, qui a procédé dans le courant de la journée du 31 mars à la mise en ligne de ces données très attendues par les communes, groupements à fiscalité propre et départements. Le service de l'État a donc respecté l'échéance habituelle pour cet exercice, en dépit de la promulgation tardive - le 19 février - de la loi de finances pour 2026.
Les montants de la DGF - à savoir la principale dotation de l'État aux collectivités (27,4 milliards d'euros en 2026) - et de ses différentes composantes (dotation forfaitaire, dotations de péréquation et leurs éventuelles "fractions", dotation élu local…), qui sont attribués à chaque collectivité ou groupement de communes, peuvent être consultés sur le site de la DGCL dédié aux dotations. Une fiche est disponible pour chaque entité. Pour chaque catégorie de bénéficiaire, un tableau au format Excel réunissant l'ensemble des données individuelles peut aussi être consulté.
Les collectivités disposent donc désormais de ces informations clés, alors que les départements doivent voter leur budget avant le 15 avril, et les communes et leurs groupements exceptionnellement avant le 30 avril (du fait de la tenue des élections municipales cette année).
Des baisses le plus souvent limitées
Les montants sont fournis par l'État à titre indicatif, dans l'attente de la publication d'un arrêté ministériel, prévue pour "fin mai" ou "juin", laquelle vaudra notification des données définitives, indique le guide pratique de la DGF élaboré par la DGCL, dont une version actualisée vient d'être mise en ligne. Les notes d'information détaillant les modalités de calcul des différentes composantes et les données sur les nombreux critères de répartition de la DGF seront également publiées à ces échéances.
Après trois années consécutives de hausse (d'un montant cumulé de 790 millions d'euros), la DGF demeure en 2026 au même niveau que l'an dernier, mais sans tenir compte de l'inflation.
Dans cette situation, "52% des communes bénéficient d’une progression de leur DGF en 2026", précise le gouvernement dans un communiqué. Les autres connaissent une stabilité ou une diminution de leur DGF. Des situations que l'exécutif tente de relativiser. "Lorsque des diminutions interviennent, elles demeurent dans la majorité des cas extrêmement limitées : pour près de 79% des communes concernées, elles représentent moins de 1% des recettes de fonctionnement." En comparaison, l'an dernier, la DGF avait progressé globalement de 150 millions d'euros, conduisant à ce que 63% des communes enregistrent une hausse de leur montant individuel de dotation.
"73% des communes sont gagnantes"
Mais si l'on prend en compte la revalorisation de près de 60 millions d'euros de la dotation élu local (DPEL) dans la loi de finances, "ce sont au total 73% des communes qui sont gagnantes" en 2026, constate le gouvernement.
Par ailleurs, 69% des EPCI voient leur dotation augmenter cette année, contre 67% en 2025. Enfin, les départements "bénéficient d’une grande stabilité, avec des variations limitées entre -0,14% et +0,48%", soit une fourchette quasi identique à celle de l'an dernier, selon le gouvernement.
La nécessité d'un financement, via la dotation forfaitaire, de la progression des dotations de péréquation destinées aux communes (+ 150 millions d'euros pour la dotation de solidarité rurale et autant pour la dotation de solidarité urbaine), explique dans de nombreux cas les baisses de DGF des communes. En comptant l'enveloppe nécessaire pour alimenter la progression de la DGF liée à la croissance démographique, la dotation forfaitaire des communes est en effet réduite de 261 millions d'euros cette année. Un montant particulièrement élevé, qui s'explique aussi par le choix du Comité des finances locales (CFL) de solliciter proportionnellement moins que par le passé les intercommunalités pour les financements dits "internes" à la DGF (sur le sujet, voir notre article du 25 février).
Mauvaises surprises
Le gouvernement ne s'attarde pas sur les communes pour lesquelles la DGF recule de plus de 1% des recettes de fonctionnement. Celles qui sont concernées représentent tout de même 21% des situations de baisse. Parmi elles, on trouve "de nombreuses petites villes" enregistrant des "baisses massives" de DGF, alerte l'Association des petites villes de France (APVF) dans un communiqué.
En lien avec les mesures de la loi de finances pour 2026, certaines communes connaissent simultanément un "effondrement" de leur montant de dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (la "DRCTP", qui n'est pas incluse dans la DGF), pointe aussi l'association.
"Les territoires industriels" et "leurs intercommunalités", ainsi que "de nombreuses petites villes bourgs-centres ayant des charges de centralité importantes" sont particulièrement affectés par ces restrictions budgétaires, déplore-t-elle. Les petites villes qui ont déjà voté leur budget primitif n'avaient pas toujours anticipé de telles évolutions financières. Pour elles, "les conséquences sont immédiates et concrètes : déséquilibres budgétaires en cours d'exercice, gel ou abandon de projets d'investissement, fragilisation des services publics de proximité", s'alarme l'APVF. Ses élus appellent le gouvernement à "un changement de méthode et de cap dans le cadre de la préparation du prochain projet de loi de finances".