Eau potable : Amorce appelle à la mise en œuvre d’un "plan ambitieux de résorption des captages menacés"

Face à un état des lieux qu’il juge "alarmant", avec "environ un tiers des 33.000 captages d’eau potable affecté par des pollutions", le réseau Amorce a appelé le 22 décembre dernier à la mise en œuvre d’un "plan ambitieux de résorption des captages menacés". "Les négociations en cours, depuis mars 2025, au sein du ‘Groupe national captages’, lancé par le gouvernement dans le cadre de la Feuille de route nationale sur la protection des captages face aux pollutions, peinent à avancer", regrette Amorce qui prône la "mobilisation générale des acteurs concernés" et "un dialogue renforcé, en particulier avec le monde agricole, afin d’éviter, d’ici 10 ans, d’exposer les populations à un risque sanitaire majeur, et la fermeture de nombreux captages d’eau potable".

Le réseau juge d’abord "urgent" de "fixer un objectif national ambitieux de résorption des captages dont les valeurs limites de pollution dépassent les normes de potabilité, décliné par région sous la responsabilité des préfets et intégré aux documents de planification de la politique de l’eau, en visant une réduction de moitié d’ici 10 ans". Amorce estime aussi nécessaire de déterminer des critères minimums, pour toutes les pollutions, de qualification d’un captage comme "sensible" et "prioritaire", déclenchant ainsi la définition d’une aire d’alimentation de captage par arrêté préfectoral. Dans les territoires concernés, le réseau réclame la mise en place obligatoire d’une instance multi-acteurs chargée d’établir un plan d’action volontaire pouvant aller jusqu’à la contrainte réglementaire pour les captages dits "prioritaires", validé par le préfet, animé par les collectivités en charge de la distribution d’eau. 

Amorce invite également à définir, en concertation avec les acteurs concernés, un "plan d’urgence pour le financement de la lutte contre ces pollutions, incluant des mesures préventives et curatives". Selon ses estimations, le coût annuel de la gestion des pollutions en captage s’élève à plus de 2,5 milliards d’euros, soit 400 millions d’euros par an pour la gestion curative des non-conformités liées aux pesticides, 1,13 milliard d’euros par an pour le traitement de l’eau potable polluées par les PFAS ou "polluants éternels" et 1,1 milliard d’euros par an pour accompagner les changements de pratiques agricoles autour des captages sensibles. "Surtout, il est temps que les multinationales à l’origine des process ou produits polluants, et dont les résultats financiers permettent largement l’application du principe pollueur-payeur, financent ce plan d’urgence, plutôt que cette charge ne repose uniquement sur les populations", souligne le réseau de collectivités et autres acteurs locaux engagés dans la transition écologique.

 

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