À Bard, la transition écologique propulsée par un comité citoyen (42)
À Bard, dans la Loire, la transition écologique n’est pas un concept abstrait. Depuis 2020, la commune a choisi de passer à l’action en impliquant les habitants. Mobilité, consommation, énergie : les projets se sont concrétisés, sous l’impulsion d’un comité consultatif qui réunit citoyens et élus.
© mairie de Bard
Dérèglement climatique, perte de biodiversité, pollution, raréfaction des ressources et autres atteintes à l’environnement s’invitent de plus en plus dans le quotidien du territoire et de ses habitants. À Bard, commune ligérienne de 700 habitants, l’équipe municipale a décidé de ne pas rester spectatrice. « Agir concrètement à l’échelle de notre commune était au cœur de notre projet de mandat », explique l’élu référent à la transition énergétique. En 2020, le conseil municipal nouvellement élu décide de créer un comité consultatif consacré à la transition énergétique.
Une construction collégiale, élus-citoyens
Dès le début du mandat, un questionnaire distribué dans les boîtes aux lettres sonde les habitants sur leurs attentes et leurs priorités écologiques. Sur la soixantaine de réponses reçues, plusieurs personnes expriment leur envie de s’impliquer. Après la première réunion, six citoyens rejoignent six élus pour former un comité spécifique.
Animé par un élu référent désigné par le maire, ce groupe n’a pas de pouvoir décisionnaire, mais joue un vrai rôle moteur : il étudie, propose, teste, puis soumet des idées au conseil municipal. Ensemble, élus et citoyens, définissent des thématiques de travail : énergie, consommation, mobilité, déchets, biodiversité, adaptation au changement climatique et gestion de l’eau. Dès 2020, les réunions s’enchaînent, une fois par mois. Malgré la crise sanitaire, la dynamique reste intacte et plusieurs initiatives naissent rapidement, avec un premier projet : les « défis familles ».
Des actions mesurables
Lancé au printemps 2020, le défi famille centré sur la réduction des déchets mobilise une cinquantaine de familles volontaires. Le dispositif est renouvelé à deux reprises : sur le thème de l’énergie, puis de l’eau, en partenariat avec la commune voisine de Saint-Georges-Hauteville. « Cette première expérience a été très fédératrice, ce qui nous a motivés pour poursuivre sur notre lancée », se souvient l’élu.
Sur le volet consommation, un groupement d’achats est créé pour favoriser les circuits courts et l’accès à des produits alimentaires locaux, sains et biologiques, à des prix maîtrisés. Le succès est tel que l’initiative évolue en association autonome. Un réseau d’échanges et de prêts de matériel (outillage, équipements…) est aussi mis en place, et référencé sur le site communal.
Côté mobilité, la commune aménage des points d’autostop, pour faciliter les trajets vers Montbrison et finance, avec un loueur local, la location de vélos électriques, à hauteur de 80 % du coût pendant deux mois. « C’est une petite dépense -environ 500 euros par an pour cinq abonnements - mais avec un véritable effet levier », souligne l’élu, qui note que la plupart des bénéficiaires ont depuis adopté ce mode de déplacement pour leurs trajets quotidiens.
Sensibiliser et accompagner la transition
Le comité accompagne aussi la transition, par la sensibilisation et l’information. Des soirées-débats sont régulièrement organisées autour de thèmes pratiques comme les économies d’énergie, l’isolation, les énergies renouvelables ou encore la récupération de l’eau, avec l’appui du service public Rénovactions42 et d’entreprises locales financées par les Certificats d’économie d’énergie (CEE). Le public répond présent, parfois se déplaçant depuis les communes voisines.
Le groupe a également exploré la création d’une centrale citoyenne photovoltaïque, mais le projet s’est révélé trop ambitieux pour une petite commune. « Nous avons alors orienté nos efforts vers l’information sur les installations individuelles, y compris en auto-construction. Il y a eu un réel engouement, avec 26 projets lancés en trois ans », constate l’élu.
Enfin, en lien avec l’Atlas de la biodiversité communale, plusieurs animations sont proposées : nuit de la chauve-souris, sortie nature pour observer la biodiversité des mares et d’autres biotopes caractéristiques (pelouses sèches, forêts, etc), fabrication et pose de nichoirs avec les écoles... autant d’occasions de renouer avec la nature.
Un héritage citoyen à pérenniser
Au-delà de l’impact environnemental, cette démarche collective a contribué à faire évoluer le rapport des habitants à leur commune et à la municipalité. Selon l’élu, « la réussite tient, entre autres, à la présence d’un référent en charge d’animer et d’écouter. Il faut aussi savoir se montrer persévérant : il faut tenir sur la durée, ne pas laisser l’élan s’essouffler. » Il espère que cette gouvernance partagée, à laquelle il a consacré beaucoup de temps et d’énergie, s’inscrira durablement dans la vie communale.
Zoom sur l’investissement financier et humain
- Investissement financier : 500 euros par an pour la location de vélos électriques
- Investissement humain : animation d’ateliers, organisation de sorties, communication, développement et mise à jour du site web…
- Partenariats / financeurs : Rénov’Action42, entreprises financées par les Certificats d’économie d’énergie (CEE), Office français de la biodiversité…
Commune de Bard
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