À Ormes, la cour d’école change d’usages et d’atmosphère (45)
À Ormes, en banlieue orléanaise, l'école Jacques Prévert profite d'une nouvelle cour de récréation. Perméable et végétalisée, elle aide à mieux supporter les mois les plus chauds. Le réaménagement stimule la créativité des enfants et des enseignants, grâce à sa dimension ludique et sa modularité.
© Ville d'Ormes
L'école élémentaire Jacques Prévert d'Ormes date du début des années 1990. Une partie des classes, exposées sud et sud-est, ont rapidement montré des signes de surchauffe en juin et en septembre. Au fil des ans, la mairie a mis en place des « rustines ». Des stores installés à l’intérieur et à l’extérieur, des arbres plantés dans la cour, qui ont végété au milieu du bitume, sans succès. « Au fil des ans, le ressenti est devenu de plus en plus violent. Et la cour, totalement bitumée, ne jouait aucun rôle pour tempérer l'atmosphère », souligne Bruno Solon, directeur général des services d'Ormes.
Post-Covid, l'idée d'un réaménagement global de la cour prend forme. Les services techniques proposent de faire appel au Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) du Loiret. Le souhait est de construire le projet avec les usagers : enfants, enseignants, parents d'élèves et personnel municipal. « Nous avons missionné notre médiatrice municipale culture et développement durable et le CAUE a dépêché deux paysagistes. Ces derniers ont animé une démarche participative auprès de 26 enfants ambassadeurs - deux par classe », précise le DGS. Le dispositif a été émaillé d’ateliers pratiques sur les fondamentaux – cycle de l'eau, réchauffement climatique, îlot de fraîcheur – puis les enfants ont été invités à participer à des temps de diagnostic et de rêve « concret ». Du côté des adultes, des questionnaires ont permis de faire remonter les attentes. Le paysagiste concepteur, retenu comme maître d’œuvre, a rejoint la démarche participative à mi-parcours, pour intégrer les souhaits des participants dans son cahier des charges.
Pleine terre, passerelles et voiles d’ombrage
Premier enjeu majeur du projet : rendre perméable l'ensemble du site. Des espaces de pleine terre ont refait surface à la place du bitume et du gazon synthétique qui recouvraient le tout. Aujourd’hui, 40 % de la cour est équipée d'un béton poreux de couleur claire, le reste est en copeaux de bois. Deuxième défi : conserver l'eau sur le site. Une large noue de 70 centimètres de profondeur a ainsi été créée le long des salles de classe : elle recueille les eaux de pluie. Arbres et arbustes ont ainsi pris place au plus près des classes et les enfants rejoignent la cour, de manière ludique, par les passerelles qui enjambent le fossé. Un autre grand espace planté a pris place en fond de cour. Le projet a aussi élargi les surfaces protégées du soleil : le préau existant a notamment été prolongé de voiles d'ombrage qui laissent passer une pluie fine et régulent les fortes chaleurs. « C'est un dispositif au coût assez élevé, du fait des ancrages à créer, reconnaît le DGS, mais il apporte des usages supplémentaires et de la couleur. »
Cabanes et espaces d’exploration
Le projet fait aussi la part belle au jeu et à l'inventivité, en proposant plusieurs micro-espaces : cabanes végétalisées, espace de jeux collectifs, tracés au sol, lieux calmes… « L'idée est de créer des atmosphères variées, qui correspondent à différentes envies », poursuit le DGS. La ville a également acquis du mobilier extérieur – une quarantaine de chaises métalliques, de grands coussins - que l'on peut déplacer sur le site. « Nous avons opté pour un aménagement le moins figé possible, pour multiplier les usages, comme faire l'école dehors, par exemple ». Pour l'heure, des ganivelles entourent encore les espaces plantés : il est prévu de les retirer une fois la végétation bien ancrée, et proposer ainsi de nouveaux espaces d'exploration aux enfants. À la demande des enseignants, des balais ont été acquis pour remettre les copeaux dans les fosses : une activité de plus au menu des récréations !
Une mise à l'épreuve dès la rentrée 2025
Le gros des travaux a été mené à l'été 2024 : décroutage du bitume, création des noues, apport de terre végétale et réalisation des surfaces en béton. Les vacances d'automne et d'hiver ont permis de finaliser toutes les plantations. Dès la rentrée 2025, une vague de chaleur a mis l'aménagement à l'épreuve : grâce au béton poreux et aux copeaux, la chaleur ne se réverbère plus sur le sol, 2 à 3 degrés de fraîcheur ont été gagnés. À chaque période de vacances, les agents municipaux passent vérifier la sécurité des ganivelles, arrosent les jeunes plants et regarnissent les fosses de copeaux. Dans ce projet réalisé sans problème notable, « le plus délicat a été d'acter ces nouvelles dépenses, alors même que des montants conséquents avaient déjà été engagés auparavant », conclut le DGS. À l’avenir, la commune souhaite planter une forêt à l'entrée de l'école. « Entrer dans les classes par une forêt et déboucher sur une cour végétalisée : nous nous mettons en cohérence avec notre niveau quatre fleurs, acquis il y a dix ans, au titre du label Villes et villages fleuris ».
Le réaménagement en quelques chiffres
- 1 800 m2 aménagés
- 100 % perméable : 40 % de béton poreux et 60 % de surfaces végétalisées ou en copeaux
- 325 000 euros TTC : coût global du réaménagement (hors mobilier), dont 25 000 euros d'études et de maîtrise d’œuvre
- 55 % de subventions obtenues : Fonds vert (140 000 euros) et conseil départemental du Loiret (40 000 euros)
Commune d'Ormes
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