Face à la crise énergétique, les acteurs de la chaleur renouvelable font valoir les atouts de leurs projets

À l'occasion de la Journée nationale de la chaleur et du froid renouvelables qu'ils organisaient ce 31 mars à Paris, la Fedene, Amorce et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) ont demandé au gouvernement un plan chaleur pour compléter le plan d'électrification des usages qui doit être prochainement dévoilé. Face à l'envolée des prix des énergies fossiles, ils appellent à encourager le dynamisme de leurs projets qui jouent un rôle de bouclier contre les crises en valorisant des énergies produites localement comme le bois.

"Face à la multiplication des crises énergétiques, accélérer la décarbonation de la chaleur est plus que jamais nécessaire", estiment de concert la Fedene, Amorce et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) qui organisaient ce 31 mars à Paris la Journée nationale de la chaleur et du froid renouvelables. "Il faut mobiliser toutes les sources thermiques renouvelables et de récupération pour renforcer notre sécurité énergétique, protéger ménages et entreprises contre la flambée des prix des énergies fossiles, et tenir nos engagements climatiques", font valoir les trois partenaires.

Un plan chaleur décarbonée en complément du plan électrification

S'appuyant sur le panorama 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération – dont les grandes tendances avaient été dévoilées en octobre dernier (lire notre article) –, ils appellent le gouvernement à élaborer un plan chaleur et froid renouvelables pour compléter le plan d'électrification des usages attendu prochainement car ce dernier ne suffira pas à couvrir tous les besoins, la chaleur représentant à elle seule 40% de la consommation d'énergie. 

En 2024, 28,9% de la consommation finale de chaleur en France métropolitaine était d'origine renouvelable (dont 40,6% provenant du chauffage au bois domestique, 26,6% des pompes à chaleur aérothermiques et 17,3% des chaufferies bois) et cette part est appelée à croître "à condition de disposer d'un cadre favorable pour l'accompagner", a souligné Pascal Guillaume, président de la Fedene. 

La troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) définit une trajectoire ambitieuse pour la décarbonation de la chaleur, les objectifs fixés conduisant à une multiplication par plus de deux de la consommation de chaleur renouvelable et de récupération d’ici à 2035. Atteindre ces objectifs suppose une forte accélération - +8 % de croissance annuelle entre 2024 et 2030 et entre +2% et +8% entre 2030 et 2035. Mais ce rythme ambitieux est jugé réaliste par les acteurs du secteur qui rappellent qu'il a déjà été atteint par le passé : entre 2021 et 2022, la consommation de chaleur renouvelables et de récupération a ainsi augmenté de 7,8%. 

"Dynamique de projets" à encourager

Il existe selon eux une "véritable dynamique de projets dans toutes les filières"  avec une centaine de projets de géothermie profonde identifiés, un gisement de chaleur fatale "encore largement inexploité" - 8 TWh dans les unités de valorisation énergétique (UVE) et 85,2 TWh dans l’industrie, "une progression remarquable des grands projets solaires thermiques, en plein essor dans l’industrie agroalimentaire" avec 9 MW mis en service en 2025 et une demande de subventions record auprès du fonds chaleur de l'Ademe, qui atteint 1,5 milliard d’euros au premier trimestre 2026. "Ces ressources territoriales ne sont mobilisables que si des réseaux de chaleur existent et si les mesures d'accompagnement qui ont prouvé leur efficacité sont étayées", insiste Pascal Guillaume.

Plus de moyens financiers 

Pour Nicolas Garnier, délégué général d'Amorce, le principal frein est aujourd'hui financier. "Le fonds chaleur ne dispose que de 800 millions d'euros alors que pour tenir la PPE3, il faudrait au moins 1,5 milliard, souligne-t-il. Il faudrait aussi pluriannualiser le fonds car pour leurs projets, les élus ont besoin d'aides simples, visibles et pérennes". Les certificats d'économies d'énergie (CEE) sont aussi selon lui à développer pour financer les boucles d'eau chaude dans les immeubles.

"Il faut un pilotage et arrêter le stop & go", insiste Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables. "Revoir à la baisse certains dispositifs d’aide, comme la suppression depuis le 1er janvier 2026 des forfaits MaPrimeRénov’ pour l’installation de chaudières biomasse, ou limiter le soutien au bois-énergie dans l’industrie ou le collectif, risquerait de freiner la transition énergétique et d’affaiblir des filières industrielles essentielles, en contradiction avec nos ambitions climatiques et de souveraineté", estiment les promoteurs de la chaleur renouvelable qui rappellent volontiers que selon l’Ademe, avec un prix du gaz à 50 euros/MWh, le fonds chaleur permet de générer une économie annuelle de 2,5 milliards sur la balance commerciale.

 

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis