Fin de la 2G/3G : pas de régression de la couverture, mais des terminaux à changer d'urgence
Alors que l'extinction des réseaux 2G vient de débuter à Biarritz, l'Arcep a publié une étude sur l'impact de la fermeture des réseaux 2G et 3G. Si les trous de couverture ne sont pas à craindre, certains terminaux et systèmes ne vont plus fonctionner. Or beaucoup d'utilisateurs ignorent les risques de déconnexion qu'ils encourent.
© Adobe stock
Le 31 mars 2026, Orange a commencé à éteindre son réseau mobile 2G. Sur l'unité urbaine Bayonne–Anglet–Biarritz, les vieux mobiles et autres équipements utilisant la 2G ne peuvent plus fonctionner. Le 12 mai 2026, cette extinction sera étendue aux départements de Pyrénées-Atlantiques et des Landes et en juin 2026 ce sera au tour des départements de l'Ariège, Haute-Garonne, Gers, Lot, Lot-et-Garonne, Hautes-Pyrénées, Tarn-et-Garonne. Ces pilotes, qui interviennent avant la fin de la 2G pour l'ensemble des opérateurs fin 2026, sont très attendus par les élus. Il s'agit de mesurer grandeur nature l'impact de cette extinction.
Encore 2,4 millions de terminaux 2G
Or, à l'échelle nationale, le nombre de terminaux non compatibles avec la 4G/5G reste significatif comme le montrent les derniers chiffres de l'observatoire 2G/3G de l'Arcep. Fin décembre 2025, on comptait encore 5,2 millions de cartes SIM dans des terminaux compatibles uniquement avec la 2G ou la 3G en France métropolitaine. La baisse s'accélère, -7 % sur le seul quatrième trimestre 2025 contre -4,8 % au trimestre précédent, mais le stock reste conséquent. Parmi ces 5,2 millions, 2,4 millions concernent des terminaux exclusivement 2G, dont une part significative dédiée aux objets connectés et aux équipements MtoM (télésurveillance, compteurs, alarmes).
Pas de régression de la couverture mobile
Face aux craintes exprimées par les élus, sénateurs et membres de la commission supérieure des postes en tête (voir notre article du 11 avril 2025), l'autorité a commandé une étude publiée concomitamment avec l'Observatoire. Dans ses conclusions, le comité d'expert estime que "les opérateurs ont les moyens de gérer l'extinction de la 2G puis de la 3G sans une régression de la couverture mobile". L'étude rappelle que la transition est déjà largement engagée : "Plus de 70% des appels vocaux passent déjà par la 4G", et "moins de 1% du trafic mobile emprunte encore la 2G/3G". Autrement dit, l'arrêt de la 2G puis de la 3G (fin 2028-2029) devrait se faire sans encombre. C'est aussi ce qui ressort de l'étude de neuf pays ayant déjà arrêtés ces réseaux. Les réseaux 4G disposent par ailleurs de mécanismes permettant de maintenir, voire d'améliorer, la qualité des appels vocaux et des connexions internet.
Terminaux non compatibles
Par ailleurs, 99,8% des antennes mobiles 2G/3G sont déjà équipées de 4G. Le vrai sujet n'est donc pas le réseau, mais celui des terminaux anciens. Le maintien d'une bonne réception ne vaut en effet que pour les personnes équipées de terminaux compatibles avec la 4G/5G, plus précisément avec VoLTE pour la voix. Or une partie de la population, notamment des personnes âgées, ne possèdent qu'un téléphone basique. Le risque de se retrouver sans service du jour au lendemain pour ces utilisateur est réel, sans compter le cas des systèmes de téléassistance et des ascenseurs (voir notre article du 6 mars 2026). L'urgence est donc de communiquer largement sur un sujet que la Cour des comptes estime "mal anticipé" dans son dernier rapport (voir notre article du 25 mars 2026).