Fonction publique : un "rendez-vous salarial" devrait se tenir "début juillet"
En réponse aux revendications des syndicats sur les rémunérations des agents publics, le ministre de l'Action et des Comptes publics propose "la tenue d'un rendez-vous salarial au début du mois de juillet".
© Adobe stock
C'est la veille d'une conférence de presse qu'elles ont organisée ensemble le 3 juin sur "la situation salariale", que les huit organisations syndicales représentatives des agents publics (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires Fonction publique, CFE-CGC, FAFP) ont reçu un courrier de David Amiel.
"Je vous propose la tenue d'un rendez-vous salarial au début du mois de juillet", écrit dans cette lettre le ministre aux représentants des personnels. La rencontre "permettra d'aborder les perspectives du prochain projet de loi de finances et de faire le point sur les travaux structurels engagés sur les carrières et les rémunérations", précise-t-il. Il s'agira aussi "d'examiner les sujets que vous portez, sur la base d'éléments de contexte partagés, notamment quant à la situation des finances publiques du pays".
La lettre est parvenue aux syndicats après la communication par ceux-ci, le 19 mai, d'un courrier commun au Premier ministre, dans lequel ils demandaient "une audience dans les plus brefs délais". Ils mettaient surtout sur la table une revendication : l'ouverture d'une "négociation" en vue d'une "revalorisation significative de la valeur du point d’indice" qui sert au calcul des rémunérations des agents publics.
Ce 3 juillet, devant la presse, les représentants syndicaux ont réitéré leur appel à "l’ouverture immédiate d’une négociation salariale" sur "le point d’indice et les grilles" de la fonction publique.
Faibles perspectives de carrière
Les questions de pouvoir d'achat sont exacerbées depuis le regain d'inflation consécutif à la crise en Iran. Certes, une hausse du Smic est intervenue le 1er juin. Dans la fonction publique, elle passe par l'attribution d'une indemnité dite différentielle. 862.000 agents de la fonction publique (sur 5,8 millions d'agents, soit près de 15%) sont désormais éligibles à ce dispositif qui garantit qu'aucun agent public ne perçoit un traitement indiciaire inférieur au Smic (les primes et indemnités ne sont pas prises en compte pour la détermination de l'indemnité). Mais, contrairement au Smic, les grilles ne sont pas revalorisées en fonction de l'inflation. Conséquence, le salaire minimum rattrape petit à petit les échelons de rémunération du bas de la grille, entraînant selon les syndicats un "affaiblissement du principe de carrière" (voir à ce sujet notre article du 19 mai).
Le "système de rémunérations des fonctionnaires est arrivé en bout de course et devient obsolète", reconnaît le ministre des Comptes publics, dans son courrier. Il y rappelle son souhait de revoir "l'architecture des carrières et des rémunérations". David Amiel avait ouvert le 13 avril dernier un groupe de travail avec les syndicats pour préparer des discussions sur le sujet. Mais l'ensemble des syndicats avaient quitté la réunion après la prise de parole du ministre (voir notre article).