Forte chute des formations de demandeurs d’emploi financées par les régions

En 2025, plus de 271.000 demandeurs d’emploi sont entrés en formation à la suite d’une commande régionale. La diminution, en 2026, des dotations pour les plans régionaux, et leur suppression annoncée l’an prochain, va amplifier la chute de ces formations.

En 2025, 271.226 demandeurs d’emploi sont entrés dans une formation financée sur fonds régionaux. Contre 364.866 en 2017. Ce chiffre, communiqué à Localtis par Régions de France, montre le retournement à l’œuvre, sept ans après les débuts du plan d’investissement dans les compétences. 

Cette chute se poursuit. Pour 2026, l’association estime à 40.000 le nombre de places en moins à la suite du décrochage des abondements de l’État. La perspective d’une suppression totale des crédits pour 2027, annoncée par le ministère du Travail en juillet (lire notre article), inquiète d’autant plus les exécutifs régionaux. 

"C’est une décision totalement aveugle sous l’angle économique et des besoins des compétences, dénonce François Bonneau, le président de la commission formation et emploi de Régions de France. Quand on forme des chauffeurs de cars, des intervenants à domicile ou des agents de service dans la restauration, on voit qu’on cible des segments recherchés par les employeurs. C’est vraiment incompréhensible, alors que le chômage augmente". En Centre-Val de Loire, tant les formations aux savoirs de base que les formations qualifiantes vont en pâtir, "car la baisse est trop importante". 

Appel aux parlementaires

"On demande aux parlementaires de se saisir de cette question cruciale", interpelle Valérie Debord, vice-présidente de la région Grand Est. Sur son territoire, elle annonce que les représentants régionaux se retireront, au niveau local, de l’ensemble des comités pour l’emploi de son territoire ainsi que du Crefop (comité régional de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelles). "On ne souhaite pas continuer à siéger avec les représentants d’un État qui ne respecte pas ses engagements. Les organismes de formation et les CFA sont dans une situation catastrophique. Si l’appareil de formation disparaît, il ne pourra pas rouvrir demain."

L’an dernier, les discussions parlementaires autour du plan d’investissement dans les compétences ont été tendues. À l’initiative de la rapporteure de la commission des affaires sociales, Frédérique Puissat (LR), le Sénat avait voté la suppression des crédits dédiés au volet national du PIC, ainsi que la dotation exceptionnelle de l’État à France compétences qui, chaque année, était notamment destinée au financement des pactes régionaux. Le gouvernement s’y était opposé. Les régions ont alors finalement obtenu 527 millions d’euros en autorisations d’engagement pour financer leurs plans de formation (lire notre article). 

"On ne retrouve pas le chemin de l’emploi par magie"

Valérie Debord insiste sur les impacts positifs de la formation professionnelle auprès des publics les plus en difficulté. "Le problème de la formation, c’est que beaucoup de personnes ne voient pas à quel point c’est important pour les demandeurs d’emploi, en particulier pour les seniors, les bénéficiaires du RSA, les personnes en situation de handicap, et ceux qui se sont arrêtées de travailler. On ne retrouve pas le chemin de l’emploi comme ça, par magie. Il faut des sas. Des soft skills, ça prend du temps et cela nécessite des moyens", souligne l’élue du Grand Est.  

 

› Un plan social visant 867 emplois et 30 sites à l’Afpa

Mauvaise nouvelle pour les demandeurs d’emploi. L’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) projette de supprimer jusqu’à 867 postes, tandis que 30 centres de formation sur 142 pourraient être fermés, ont annoncé mardi 15 septembre les syndicats de l’établissement public après un conseil d’administration, rapporte l’Agence France Presse. 

Sur 60.800 stagiaires formés en 2025, 47% étaient des demandeurs d’emploi, selon le rapport d’activité de l’établissement public à caractère industriel et commercial. Son chiffre d’affaires provient à 32% des marchés public visant les chômeurs. L’Afpa a également accompagné 47.700 personnes dans le cadre des programmes nationaux financés par le ministère du Travail et des Solidarités : des jeunes ou des personnes éloignées de l’emploi, dans le cadre des dispositifs "Prépa Compétences", "Déclic pour l’action", ou encore la "Promo 16.18".

 

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