Fournitures scolaires : face à la hausse des prix, la gratuité gagne du terrain chez les collectivités
Selon le relevé annuel de l'UFC-Que Choisir publié début juillet 2026, les prix des fournitures scolaires en grande surface ont encore augmenté de 2% par rapport à 2025. Une hausse modérée mais qui s'ajoute à celle de 2% déjà observée l'an dernier et de 10% en 2023. Sur le terrain, de nombreuses collectivités continuent de soutenir les familles : de la gratuité totale aux kits ciblés en passant par les bons d'achat ou des subventions, les dispositifs d'aides se multiplient pour alléger la facture des familles à l'approche de la rentrée 2026.
© Ville de Marseille/ Kit de rentrée offert par la ville de Marseille
Combien coûte réellement une rentrée scolaire ? La question reste une préoccupation pour de nombreuses familles dans un contexte inflationniste et les chiffres de l'enquête publiée début juillet 2026 par Que Choisir qui prévoient une nouvelle hausse des tarifs des fournitures de 2% ne leur donnent pas tort. Heureusement "des économies restent possibles pour les familles vigilantes", écrit l'association.
Côté aides nationales, l'allocation de rentrée scolaire (ARS), versée par les CAF sous conditions de ressources, a été revalorisée pour 2026 : elle s'élève désormais à
- 426,87 euros pour les 6-10 ans ;
- 450,41 euros pour les 11-14 ans ;
- 466,02 euros pour les 15-18 ans.
Une aide qui ne couvre pas systématiquement l'intégralité des besoins, notamment pour les familles non éligibles ou celles dont les enfants entrent au collège ou au lycée, les postes de dépense se faisant plus lourds.
Des collectivités qui vont de la gratuité totale à l'aide ciblée
Face à ce constat, un nombre croissant de communes et de départements ne se contentent plus de compléter l'ARS : ils financent directement tout ou partie des fournitures.
À Marseille, la ville distribue pour la quatrième année consécutive un kit gratuit à tous les élèves de maternelle et d'élémentaire (soit 92.000 kits), dont la valeur passe cette année à 110 euros, contre 85 euros en 2025. Les moyens engagés par la municipalité ont été multipliés par 2,5 depuis 2020. Pour la première année, la ville de Dijon mettra à disposition un kit de fournitures scolaires destiné aux élèves des écoles élémentaires publiques dijonnaises. Près de 6.000 enfants seront concernés.
Autre exemple de généralisation : à Mantes-la-Jolie (Yvelines), le nouveau maire, Adama Gaye, a fait de la gratuité des fournitures sa première mesure sociale, avec une enveloppe de 70.000 euros bénéficiant à tous les écoliers des 34 écoles élémentaires, publiques comme privées, sans condition de ressources.
D'autres collectivités ciblent un niveau scolaire précis. La ville de Paris offre chaque année un kit gratuit aux seuls élèves de CP des écoles publiques, soit environ 13.000 enfants, pour un budget de 250.000 euros, en complément des 5 millions d'euros que la capitale consacre chaque année à l'achat de fournitures et de matériel pédagogique pour l'ensemble des écoles.
À l'échelle départementale, les Bouches-du-Rhône distribuent un kit de fournitures, accompagné de matériel informatique, à tous les collégiens du département.
Entre gratuité intégrale et statu quo, plusieurs communes optent pour des dispositifs d'aide plus ciblés, sous forme de bons ou de subventions plutôt que de fournitures en nature pour tous. C'est le cas de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), qui délivre un bon retirable au CCAS pour les collégiens et lycéens, ainsi que pour les élèves scolarisés dans des dispositifs spécifiques. Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) distribue de son côté des kits aux élèves du CP au CM2 directement dans les écoles le jour de la rentrée, une manière, selon la municipalité, de soutenir des familles dont le pouvoir d'achat s'est dégradé. Châtillon, dans les Hauts-de-Seine, ou encore Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, organiseront des distributions pour les écoliers de la maternelle au CM2, tout comme Puteaux qui, notons-le au passage, distribuera également ses uniformes, une initiative dont la tendance à l'échelle nationale se raréfie (voir notre article du 13 mai et du 29 juin 2026).
À noter une tendance de fond : de nombreuses villes privilégient désormais des achats en centrale d'achats de papier recyclé, des stylos rechargeables, des cahiers écolabellisés et des achats auprès d'entreprises de l'économie sociale et solidaire. Des exigences qui s'inscrivent le plus souvent dans le cadre d'une politique d'achats responsables qui dépasse les seules fournitures scolaires.
Plaidoyer pour une "gratuité réelle"
Les fédérations de parents d'élèves restent également mobilisées sur ce dossier.
La FCPE porte depuis plusieurs rentrées un plaidoyer national pour une "gratuité réelle" des fournitures scolaires. La fédération dénonce depuis deux ans une "spirale inflationniste" et réclame "un groupe de travail associant l'ensemble des acteurs concernés".
En parallèle et chaque année, Familles de France réalise son enquête nationale sur le coût de la rentrée scolaire. Depuis le 27 juillet 2026, sur son site, elle invite à participer à un questionnaire en ligne ou papier. Référence depuis plus de 40 ans, ce questionnaire permet de mesurer l'évolution des dépenses des familles et d'alimenter le débat public.
Quand ? Pas dès le mois de juin ni à la rentrée
En attendant, "contrairement à certaines idées reçues, acheter les fournitures dès le mois de juin est une mauvaise idée", prévient UFC-Que-Choisir car "les rayons sont moins bien fournis et surtout, les prix sont au plus haut". En revanche, pendant l’été, les fournitures scolaires sont un produit d’appel, qui sert à attirer le consommateur même s’il n’est pas un client régulier du magasin. "Les grandes surfaces proposent donc des promotions qui font baisser progressivement les prix jusqu’à mi-août", explique l'association. Mais "attendre le mois de septembre est une mauvaise idée, car les prix repartent très nettement à la hausse dès que la rentrée est passée". La fenêtre de tir n'est donc pas si large...