France Travail : Thibaut Guilluy promet plus d’accompagnements intensifs en 2026
Le directeur général de France Travail promet de 700.000 à 800.000 parcours intensifs l’an prochain, entre autres destinés aux bénéficiaires du RSA, pour lesquels cela implique certains ajustements avec les départements.
© CAEK/ Thibaut Guilluy
Avec plus de 5,7 millions d’inscrits à France Travail fin 2025, un chiffre en hausse de 4,8% sur un an*, la pression sur l’opérateur public augmente. Pour autant, son directeur général Thibaut Guilluy préfère positiver. Chômage "à un niveau historiquement bas", taux d’emploi "à son maximum" et niveau d’offres d’emplois déposées à France Travail "sensiblement supérieur à celui de 2019" : lors de la présentation du bilan de l’année et des perspectives 2026, ce vendredi 30 janvier, le préfigurateur de la loi pour le plein emploi défend son action pour améliorer l’efficacité de ses agences.
Pour réussir à augmenter les placements, Thibaut Guilluy met surtout en avant les efforts de l’opérateur public à décrocher des opportunités d’embauche. Les prospections d’entreprise via les "task force" vont passer de 400.000 l’an dernier à 500.000 en 2026. L’opérateur public va également intensifier le recours aux préparations opérationnelles par l’emploi et aux immersions professionnelles, qui ont passé la barre des 500.000 en 2025.
De 700.000 à 800.000 "parcours intensifs" l’an prochain
Certes, le projet de budget en passe d’être adopté devrait amputer l’opérateur public de plus de 500 équivalents temps plein. Soit quelque 55.000 "accompagnements intensifs" par an en moins dans l’absolu. Pour autant, Thibaut Guilluy promet de 700.000 à 800.000 parcours l’an prochain, après en avoir délivré 665.0000 en 2025, via différents redéploiements en interne.
Il n’empêche qu’avec l’inscription automatique des chercheurs d’emploi, le nombre de dossiers à traiter augmente (lire notre article du 11/12/2025). Il y a notamment plus de 800.000 personnes en attente d’orientation. Et pour tenir la cadence sur l’accompagnement, l’opérateur public met en avant sa coopération avec les plans locaux d’insertion et de l’emploi (Plie), déjà actifs dans ce champ, (lire notre article).
Des désaccords autour du décret sanction
Hausse des accompagnements, coordination, accélération des délais, sanctions-remobilisation… : une fois employée, la boîte à outils de la loi pour le plein-emploi, assure-t-il, devrait augmenter les retours à l’emploi des bénéficiaires du RSA. Le directeur général en veut pour preuve les résultats obtenus dans une poignée de territoires pilotes en Charente-Maritime, dans le Finistère ou la Creuse, où le nombre de bénéficiaires a diminué.
Mais encore faut-il que les territoires qui se sont engagés plus tardivement dans la réforme atteignent le niveau de "maturité" des territoires pilotes, a-t-il souligné. L’un des enjeux, au plan local, est de se coordonner pour gérer les "files d’attente" en matière d’accompagnement. Certaines orientations ne peuvent être honorées, faute de capacité de suivi. Dans ces cas, "il faut adapter l’orientation à l’offre", a-t-il souligné.
La réforme nécessite aussi certaines simplifications. Avec les départements, "il faut que nos systèmes d’information s’interconnectent", a souligné Thibaut Guilluy. Par ailleurs, le nouveau système de sanctions (lire notre article) répond à des textes "assez alambiqués" impliquant, pour France Travail, de s’ajuster avec les départements. Un travail en cours via Départements de France. "Certains barèmes de sanction ne sont pas légaux", a souligné Thibaut Guilluy, pointant des différences d’interprétation du décret. Par ailleurs, dans certains cas, les propositions de sanction de France Travail diffèrent de celles voulues par les départements, ce qui génère des allers-retours chronophages. D’où la nécessité d’une "concertation préalable".
*Effet totalement lié à l’inscription automatique à France Travail des bénéficiaires du RSA et jeunes suivis en mission locale