Hausse des prix des carburants : une proposition de "pass Navigo" rural pour faciliter le passage à la mobilité électrique
Une note d'analyse de la Fondation Jean-Jaurès publiée ce 18 septembre défend la création d'un "pass Navigo" rural à 50 euros par mois pour permettre aux habitants des territoires ruraux tributaires de la voiture pour leurs déplacements quotidiens d'accéder à un véhicule électrique grâce à un dispositif de leasing élargi.
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Alors que l'envolée des prix des carburants pénalise tout particulièrement les habitants des territoires ruraux pour lesquels la voiture "n'est pas une option" comme l'a rappelé ce 21 septembre l'Association des maires ruraux de France (AMRF) en alertant sur "une colère qui s'installe", la Fondation Jean-Jaurès a publié ce 18 septembre une note proposant un "pass Navigo" rural à 50 euros par mois pour permettre à un million de Français dépendants de leur voiture d’accéder à un véhicule électrique.
Rendre la mobilité plus accessible dans tous les territoires
Dans la continuité de l'étude réalisée avec l’Ifop en juillet dernier sur les renoncements engendrés par le coût des déplacements (lire notre article), Rémi Branco, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès et maire de Puy-l’Évêque, une commune rurale du Lot, estime que les remises et chèques carburant ne peuvent que répondre à l'urgence et qu'il faut changer d'échelle. "La mobilité ne peut pas être un privilège réservé aux territoires desservis par un métro ou un RER, souligne-t-il. Avec le 'pass Navigo' rural, l’enjeu est simple : permettre à celles et ceux qui vivent 'au pays de la voiture' de ne plus calculer chaque déplacement, chaque plein, chaque rendez-vous médical ou chaque trajet pour aller travailler."
Rémi Branco justifie ainsi la reprise de l'expression "pass Navigo" : "en Île-de-France, [il] est devenu le symbole d’une mobilité rendue accessible grâce à un engagement massif de la puissance publique. Son coût est largement pris en charge par les collectivités et, pour les salariés, les employeurs remboursent obligatoirement au moins 50% de l’abonnement. Au final, des millions de Franciliens se déplacent chaque jour pour un reste à charge d’une cinquantaine d’euros par mois."
"Leasing populaire" à grande échelle
Pour le même montant, Rémi Branco propose que soit mis en place un "leasing populaire" à grande échelle, inspiré du leasing social qui permet déjà d'accéder à un véhicule électrique grâce à un loyer mensuel plutôt qu’à un investissement initial souvent hors d'atteinte. Mais alors que le leasing social reste un dispositif social ciblé, soumis à des conditions strictes de revenus et d’utilisation professionnelle du véhicule, le "pass Navigo" rural serait ouvert beaucoup plus largement aux habitants des territoires ruraux qui dépendent quotidiennement de leur voiture, notamment aux classes moyennes aujourd’hui exclues du leasing social.
"L’objectif est de massifier le dispositif pour faire baisser les prix, mobiliser les certificats d’économies d’énergie, les financements de long terme et les acteurs publics et privés", avance Rémi Branco. "Avec un programme portant sur un million de véhicules, l’État ne négocie plus quelques dizaines de milliers de contrats. Il devient l’un des principaux donneurs d’ordre européens sur ce segment", fait-il valoir.
L’ordre de grandeur du soutien public serait selon lui d’environ 10 milliards d’euros, "avant les économies permises par la massification". Un montant qui doit être "mis en regard des plus de 70 milliards d’euros d’impact budgétaire brut mobilisés en 2022 et 2023 pour amortir les conséquences de l’inflation", souligne-t-il.