Le bio reprend des couleurs mais la surface agricole baisse

La consommation en bio repart à la hausse, après deux années difficiles. C'est ce qu'indique le 23e baromètre annuel de perception et de consommation des produits biologiques en France de l'Agence Bio, présenté ce 26 février 2026 dans le cadre du Salon de l'agriculture. Mais en parallèle, le nombre de producteurs bio recule, tout comme la surface agricole dédiée.

Après deux ans de crise, certains signaux sont à nouveau positifs pour le bio. Le 23e baromètre annuel de perception et de consommation des produits biologiques en France, présenté le 26 février 2026 par l'Agence Bio dans le cadre du Salon de l'agriculture en témoigne : en 2025, 59% des Français déclarent consommer des produits biologiques au moins une fois par mois, soit cinq points de plus qu'en 2024. Et la consommation hebdomadaire progresse aussi, passant de 30% à 35%, et ce quel que soit l'âge, ou le niveau de vie ou le profil socioculturel des consommateurs, signe selon l'agence d'un "décloisonnement de la consommation de produits bio". Les chiffres globaux de la consommation témoignent de cette reprise, avec une croissance de la consommation de produits bio à domicile de 3 ou 4% en 2025, reposant sur tous les circuits.

Des ventes bio à la hausse

"La grande distribution, dont les ventes de bio étaient en baisse depuis 2021 (-13% entre 2021 et 2024) présente une croissance de +1,7% en valeur, détaille l'organisme, les autres circuits maintiennent leur croissance retrouvée dès 2022 : +6,6% dans les magasins bio, +5,2% en vente directe, +0,5% chez les artisans-commerçants". Une contrainte financière un peu moins forte et des motivations toujours ancrées expliquent en partie ces résultats. D'un côté, moins contraints dans leurs arbitrages, les Français réintègrent davantage de produits bio dans leur quotidien. De l'autre, la santé redevient une motivation centrale notamment chez les jeunes consommateurs. 57% des consommateurs évoquent la préservation de la santé comme première motivation, et 38% la préservation de l'environnement. En 2025, les débats sur la loi Duplomb, qui prévoyait le retour d'un pesticide interdit, ont peut-être joué un rôle dans la reprise, reconnaît le nouveau président de l'Agence Bio, Bruno Martel, en modérant l'hypothèse avec d'autres facteurs.

Une baisse de 386 fermes bio entre 2024 et 2025

Il reste toutefois certains obstacles à la consommation de bio, dont le prix, qui est toujours le premier frein, mais aussi les doutes sur l'authenticité du caractère biologique des produits. "Cette nouvelle édition du baromètre permet de mettre en évidence la confusion entre bio et produits locaux, la méconnaissance des labels et des certifications", indique l'Agence Bio, insistant sur la nécessité de poursuivre le travail d'information et de pédagogie sur les bienfaits du bio, ses modes de production et ses contrôles.

A noter également : les Français expriment des attentes fortes en matière de restauration collective et commerciale, sur leur lieu de travail et au restaurant.

Or face à la demande, en matière d'offre, les difficultés sont toujours là. Le nombre de producteurs engagés en agriculture biologique est en recul. D'après les premières estimations de l'Agence Bio, on est passé de 61.876 fermes en bio en 2024 à 61.490 en 2025, soit une baisse de 386 fermes (-0,6%), les nouveaux arrivants n'ayant pas compensé ceux partis à la retraite ou ayant abandonné ce mode de production.

Une surface agricole dédiée au bio qui baisse

Selon les données de l'Observatoire national de l'agriculture biologique de l'Agence Bio, la surface agricole dédiée au bio est passée de 10,5% en 2023 à 10,2% en 2024. Les chiffres pour 2025 sont encore en attente mais l'Agence Bio alerte : "La situation fragile de l'amont des filières, notamment de l'élevage, pourrait déstabiliser la souveraineté alimentaire acquise en bio". La loi d'orientation agricole s'est fixé un objectif de 21% de la surface agricole en bio d'ici à 2030 et la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), publiée le 11 février, fixe comme objectif une consommation globale de produits bio à hauteur de 12% contre 6% actuellement.

 "On va avoir au moins sur le premier semestre 2026 une réadéquation offre-demande", a déclaré Bruno Martel. Il faut "attendre" de voir se confirmer cette adéquation pour "relancer des actions de stimulation de la conversion" des agriculteurs au bio, a-t-il ajouté, un processus long qui peut prendre plusieurs années avant d'obtenir la certification.

"Nous faisons face à un paradoxe : la demande en bio repart mais les fermes restent fragilisées et la production recule. Le risque est de manquer de produits bio demain", déclarait peut avant l'ouverture du salon Loïc Madeline, coprésident de la fédération des agriculteurs bio (Fnab), appelant à des "politiques publiques et des financements ambitieux".

 

Pour aller plus loin

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis