Le duo franco-allemand au soutien du projet de modernisation du budget pluriannuel européen
"Objectifs clés du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) : les ministres des finances français et allemand saluent le travail accompli jusqu'à présent, en particulier pour préserver la modernisation du CFP telle que proposée par la Commission européenne [lire notre article du 17 juillet], et réaffirment leur ferme soutien à cette initiative." À n'en point douter, la teneur de ce communiqué officiel publié, en anglais, ce 19 janvier, dans la foulée de l'échange tenu à Berlin entre Lars Klingbeil et Roland Lescure, ne manquera pas de surprendre de ce côté-ci du Rhin, où le projet d'Ursula von der Leyen concentre la critique (lire notre dossier). Et il y a fort à parier que ce n'est pas la réponse de l'État qu'espérait Régions de France (lire notre entretien du 3 novembre), après que Carole Delga et Renaud Muselier avaient, fin septembre, appelé le président de la République à la rescousse pour "influer sur les propositions de la Commission européenne" (lire notre article). Lors du conseil des affaires générales du 21 octobre dernier, le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, avait d'ailleurs déclaré sans ambiguïté que "nous n'étions pas favorables à la fusion de la PAC et de la politique de pêche au sein d'un fonds unique et les travaux devront se poursuivre afin que les spécificités de ces politiques soient préservées".
La position surprendra moins de l'autre côté du Rhin. Lors de ce même conseil, l'ambassadeur allemand auprès de l'UE, Thomas Hans Ossowski, avait au contraire fait part du soutien allemand à la nouvelle architecture proposée : "Je vais le répéter pour que ce soit clair : nous n'allons pas marquer notre accord à un CFP à l'ancienne étant donné les défis mondiaux. Il nous faut une nouvelle structure et nous sommes favorables aux réformes de la Commission."