Le plan d’Annie Genevard pour répondre à l’enjeu du renouvellement des générations dans le secteur agricole

La ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, a dévoilé mardi 8 septembre les contours du programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant (Pnod) dont l’objectif est de répondre à l’enjeu du renouvellement des générations dans le secteur agricole.

Comme son nom l'indique, la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (Losarga) du 24 mars 2025 promettait de répondre au défi du renouvellement des générations dans le secteur agricole. Un engagement concrétisé à travers le Programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant (Pnod) présenté mardi 8 septembre par la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard.  Envisagé comme un programme de sensibilisation mettant l’accent sur la découverte des métiers et la formation, il a donc vocation à s’adresser autant aux élèves des écoles élémentaires qu’aux exploitants agricoles eux-mêmes, en passant par les familles, les étudiants, les professionnels de l’éducation, de l’orientation et de l’insertion.

Ce Pnod est donc le fruit d’une réflexion menée par le ministère de l’Agriculture en collaboration avec celui de l’Education nationale ainsi qu’avec une trentaine de partenaires parmi lesquels figurent Régions de France, Chambres d’agriculture France, France Travail, les filières professionnelles et plus globalement "l’ensemble de l’écosystème de l’enseignement agricole", souligne le ministère qui fait le constat que le renouvellement des générations passera par la découverte des métiers ainsi que par la formation dans le cadre de l’enseignement agricole. Et si la fréquentation des établissements d’enseignement agricole a progressé de 5% en 5 ans, le mouvement doit être amplifié afin de répondre aux enjeux à venir. La loi Losarga fixe d’ailleurs des objectifs ambitieux en la matière :  atteindre le cap de +30% d’apprentis dans les formations techniques à horizon 2030, de +75% de vétérinaires formés par rapport à 2017 ainsi que de +30% d’ingénieurs agronomes au même horizon.

10.000 places de stages de 3e et de seconde à horizon 2030

Dans le détail, le Pnod s’articule autour de plusieurs priorités. La première d’entre elles consiste à accroître les opportunités de découverte des métiers à travers des stages en entreprise (renforcement de la plateforme "1élève1stage"), des immersions ou encore l’organisation de forums de métiers dédiés ; avec un objectif annoncé de mettre en place 10.000 offres de stages de 3e et de seconde à horizon 2030 ainsi que 75 classes de mentorat entre un élève de l’enseignement agricole et une entreprise. Plus globalement, le programme présenté par Annie Genevard propose de renforcer les liens entre les établissements d’enseignement et les professionnels, les filières agricoles tout en mobilisant les exploitants et les interprofessions pour accueillir un plus grand nombre de jeunes ; le programme gouvernemental entend également permettre une meilleure orientation vers l’enseignement agricole, développer "une promotion ambitieuse et moderne de l’enseignement agricole", ou encore améliorer la visibilité de l’offre de formation et mettre à disposition des acteurs des outils communs et un suivi partagé afin d’assurer la cohérence de l’ensemble.

Partenaire de l’élaboration de ce Pnod, Régions de France se félicite par la voix de Valérie Lacroute, vice-présidente de la région Ile-de-France en charge de l’agriculture et de l’alimentation de cet "élan supplémentaire (...) au service d’une grande cause" tandis que Dominique Boucherel, président de l’Anefa (Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture) souligne la "nécessité absolue" de mettre l’accent sur "l’orientation vers les métiers du vivant" afin de répondre à cet enjeu de renouvellement des générations et d’accompagnement des transitions. Dans un rapport publié en début d’année dernière, l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), alertait sur le fait qu’un tiers des exploitants atteindraient l’âge de la retraite dans les dix ans à venir. A horizon 2035, donc, les projections tablent sur 274.600 exploitations en France métropolitaine, soit un volume en recul de 2,3% par an en moyenne, avec une forte baisse (-50%) attendue sur les exploitations individuelles.

 

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis