L'encadrement des loyers pourrait être prolongé pendant deux ans
L'encadrement des loyers, dont l'expérimentation est censée prendre fin en novembre 2026, pourrait être prolongé temporairement pour deux ans, via un texte socialiste amendé et soutenu par le gouvernement. Le député socialiste Iñaki Echaniz a en tout cas indiqué à l'AFP le 23 juin que le gouvernement comptait inscrire à l'ordre du jour du Sénat pour la rentrée sa proposition de loi qui visait initialement à pérenniser et améliorer l'encadrement des loyers.
Opposé à titre personnel à l'encadrement des loyers, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun affirme, dans une interview au Monde parue mardi soir, "envisager de prolonger les expérimentations déjà engagées, sans pour autant ajouter de nouvelles communes", comme il l'avait déjà exprimé début juin. Son entourage confirme que le texte socialiste est une voie de passage adéquate pour cette prolongation temporaire, le sujet ne pouvant être inclus dans le projet de loi Relance Logement présenté ce mercredi en conseil des ministres (voir notre article de ce jour).
Le texte socialiste adopté en décembre dernier par l'Assemblée nationale (voir notre article) serait amendé pour garantir "a minima une prolongation du dispositif de deux ans pour les communes qui l'ont déjà mis en oeuvre", explique Iñaki Echaniz, qui aimerait néanmoins en profiter pour l'améliorer et permettre aux communes qui ont déjà entamé les démarches pour entrer dans le dispositif d'en bénéficier. Le député des Pyrénées-Atlantiques se réjouit d'éviter "une sortie sèche en novembre" qui risquait de faire grimper brutalement les loyers de quelque 70 communes où l'encadrement est appliqué actuellement.
"Cette décision représente une victoire pour toutes celles et tous ceux que nous devons protéger face à la spéculation immobilière", a réagi, sur X, le maire de Paris Emmanuel Grégoire.
Vincent Jeanbrun remet à plus tard la question de l'avenir du dispositif : "Ce sujet, très politique, doit être tranché par l'élection présidentielle."
Un rapport de deux économistes commandé par le gouvernement a observé des "effets ambivalents" de l'encadrement des loyers, qui a fait baisser en moyenne de 2% à 4% le montant des loyers dans les villes où il est le plus difficile de se loger, mais qui ne cible pas les catégories les plus défavorisées (voir notre article du 27 mai). Une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) publiée en avril évaluait quant à elle l'économie moyenne réalisée par un locataire parisien à 1.019 euros entre juillet 2024 et juin 2025 grâce à l'encadrement (voir article du 28 avril).