Les CCAS pendant la canicule : une mobilisation "massive mais sous tension"
Selon une enquête flash diffusée ce 6 juillet par l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas), nombre de CCAS ont déployé des efforts importants pour venir en aide aux personnes âgées, isolées et fragiles pendant la canicule de juin 2026, avec des appels téléphoniques, des visites à domicile ou encore l'ouverture de salles rafraîchies. L'Unccas appelle toutefois à "construire la résilience sociale" de la société en se dotant de davantage de moyens d'action, en améliorant le registre communal des personnes fragiles ou encore en organisant des exercices pour se préparer aux crises.
© @unccas / Luc Carvounas et Camille Galliard-Minier au CCAS d'Alforville le 26 juin
Face à la durée et l'intensité de la canicule qui a touché la majeure partie de la France la deuxième moitié de ce mois de juin 2026, les centres communaux et intercommunaux d'action sociale (CCAS-CIAS) se sont retrouvés en première ligne pour veiller sur les personnes âgées, isolées et/ou fragiles. Dès le 30 juin, l'Union nationale des CCAS (Unccas) a interrogé son réseau pour recueillir de premiers retours d'expérience sur les actions mises en œuvre et les difficultés rencontrées. Ces résultats auraient dû être présentés ce mardi 7 juillet 2026, en présence des ministres du Travail et de l'Autonomie – la conférence de presse a été finalement annulée par le gouvernement au profit d'une remise de ces résultats en petit comité à la ministre Camille Galliard-Minier.
Sur la base de 600 réponses (sur 4.300 CCAS et CIAS sollicités), l'Unccas juge que la mobilisation des CCAS et CIAS a été "massive mais sous tension". La quasi-totalité des répondants (96%) ont ainsi mis en place "des chaînes d'appels vers les personnes inscrites ou non sur le registre communal", afin de prendre de leurs nouvelles et "rappeler les consignes de prévention". 62% des répondants ont également réalisé des visites au domicile des "personnes les plus isolées ou les plus fragiles" et des personnes qui ne répondaient pas au téléphone. Beaucoup (81%) ont communiqué de façon spécifique en direction de leur public cible et près des deux tiers (65%) ont ouvert des lieux rafraîchis ou orienté des personnes vers de tels lieux (mairies, salles climatisées, médiathèques…), 36% sont allés jusqu'à distribuer de l'eau ou du matériel de rafraîchissement (brumisateurs, ventilateurs…) et 34% ont adopté une organisation d'urgence ("astreintes, rappels d’agents, ouvertures élargies ou renforcement des permanences").
Les CCAS ayant répondu à cette enquête flash sont nombreux à faire remonter des difficultés "pour joindre ou localiser certaines personnes fragiles" (50% des répondants) et certains parlent de populations "hors radars" du fait notamment de l'isolement social et de la fracture numérique. 27% estiment que le registre communal est "incomplet ou insuffisamment actualisé" (le décret relatif au registre communal publié ce 6 juillet permettra-t-il de lever ce frein ? - voir notre article de ce jour). Enfin, pour un quart des répondants, les ressources humaines n'ont pas été suffisantes pour faire face à cet épisode de canicule.
Via son fonds de dotation, l'Unccas soutiendra des initiatives renforçant la "résilience sociale"
"On ne construira pas la résilience climatique sans construire la résilience sociale", affirme Luc Carvounas, président de l'Unccas et maire d'Alfortville, qui annonce que l'Union des CCAS "mobilisera progressivement son fonds de dotation afin d’accompagner et de soutenir les initiatives locales qui renforcent la résilience sociale des territoires face aux conséquences du changement climatique".
L'Unccas demande également à l'État de mobiliser "une enveloppe plus importante" dans le cadre du "fonds blanc canicule". Le Premier ministre avait annoncé le 25 juin dernier que 100 millions d'euros seraient dédiés à des équipements de rafraîchissement dans les Ehpad, ce que l'Unccas salue tout en faisant valoir que des financements pour les "dépenses de fonctionnement supportées par les communes et leur CCAS/CIAS" (renfort d'équipes, ouverture de lieux, transport de personnes fragiles…) sont également nécessaires. "Selon l’Institut de l’économie pour le climat, les investissements supplémentaires nécessaires pour adapter les bâtiments publics des collectivités atteignent 3,2 milliards d'euros par an", rappelle l'Unccas.
Deux autres évolutions sont jugées indispensables : l'amélioration des registres canicule (afin de les rendre plus exhaustifs et de les actualiser suffisamment souvent) et l'anticipation des crises "en développant des exercices de simulation associant les CCAS/CIAS, les collectivités, les services de l’État et l’ensemble des partenaires concernés".
L'enquête met enfin en avant plusieurs initiatives développées par de grands CCAS (Paris, Lyon, Marseille, Dijon, Rennes, Besançon) : des visites à domicile de la part de duos agent-bénévole, des cartographies de prévention pour identifier les secteurs les plus exposés à la chaleur ou au contraire faire connaître les "îlots de fraîcheur", une mise à disposition de guides et supports visant à préparer les habitants, hors crise, à "adopter les bons réflexes" lors des épisodes de canicule.