Les "lieux du lien", un remède discret au malaise rural

"La proximité d'un tiers-lieu diminue de 18% la probabilité d'avoir le sentiment d'habiter dans un territoire relégué chez les ruraux." C'est l'un des résultats marquant du baromètre réalisé par le Credoc pour la Fondation RTE pour les ruralités et l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) afin de mesurer les effets de la présence d'un "lieu du lien" (tiers-lieux, cafés associatifs, épiceries participatives, maisons France Services ou encore écolieux) sur les conditions de vie et les perceptions des habitants à proximité, en particulier dans les territoires ruraux. 

Publié en octobre 2026, le baromètre se fonde, pour les "effets mesurés" (sur la corrélation entre proximité géographique, bien-être, cohésion sociale), sur plus de 13.000 interviews, dont 4.000 menés auprès d'habitants de zone rurale et sur 6.013 lieux dont 3.300 situés dans le rural (maisons France Services, tiers-lieux, épiceries Bouge ton coq, micro-bibliothèques, cafés associatifs ou multiservices…). Pour les "effets déclarés" (connaissance, habitudes de fréquentation et perception des lieux), il s'appuie sur un autre échantillon national représentatif de 3.549 personnes.

Premiers constats : 80% des ruraux résident à moins de 20 minutes d'un lieu du lien, la moitié à moins d'un quart d'heure. 21% des ruraux fréquentent un lieu de ce type, qui rassemble la "mosaïque française", avec une diversité des profils sociaux et démographiques. "Toutefois ces lieux attirent plus particulièrement les jeunes et les diplômés du supérieur", précise le document. D'ailleurs, près de la moitié des habitants ignorent l'existence d'un tel lieu à proximité de leur domicile.

Les trois quarts des ruraux pensent que ces lieux favorisent le lien social, la confiance entre habitants et apportent une meilleure information sur ce qui a lieu dans leur territoire. Ils sont pourvoyeurs de solutions, facilitant les démarches administratives du quotidien, l'accès à des biens de première nécessité et à des solutions professionnelles (se former, travailler en espace partagé, opportunité d'emploi).

Selon le baromètre, vivre à proximité d'un tiers-lieu accroît de 55% la probabilité d'exercer une activité bénévole. Et la présence d'un tiers-lieu est associée à une légère diminution du sentiment de relégation territoriale. Sentiment qui reste plus marqué en zone rurale qu'en ville (50% contre 35%). Ainsi 52% des personnes habitant à moins de 15 minutes d'un tiers-lieu ont le sentiment d'habiter dans un territoire délaissé par les pouvoirs publics, contre 54% pour ceux qui habitent à plus de 15 minutes ou plus d'un tiers-lieu.
 

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