Les missions locales vont elles aussi devoir contribuer aux économies budgétaires

La DGEFP a annoncé un maintien des entrées en contrat d’engagement jeunes ainsi qu’en Pacea pour 2027. Mais d’autres économies seront demandées aux missions locales.

Maintien des entrées en contrat d’engagement jeunes et un Pacea "stabilisé". Mais, tout de même, d’autres "économies demandées" : mercredi 30 septembre, à la veille de la présentation, en conseil des ministres, du projet de loi de finances 2027, le délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle a dévoilé les premières orientations du budget du ministère du Travail s’agissant des missions locales.

"Oui, il va y avoir des économies demandées aux missions locales, ce n'est pas de gaieté de cœur qu'on l’annonce", a confirmé Benjamin Maurice, devant de nombreux présidents de missions locales, à l’occasion de la "rentrée" des élus du réseau, organisée pour la première fois par l’Union nationale des missions locales (UNML) au Sénat. Une nouvelle qui a provoqué des protestations dans la salle.

"On s'est attaché à ce que l'évolution des économies soit moindre que celles qui sont demandées à l'ensemble du secteur de l'emploi et de la formation professionnelle", a relativisé Benjamin Maurice, sans vouloir confirmer l'étendue de la baisse de l’enveloppe dédiée au fonctionnement des missions locales. Le président de l’Union nationale des missions locales, Stéphane Valli, anticipe une baisse de 5%.

Des financements multiples en recul

Un effort à ses yeux intenable alors que ces financements venant de l’État ont déjà reculé de 15% au total en 2025 et en 2026. Sans compter les reculs de la part des autres partenaires des missions locales que sont les conseils régionaux, départementaux, les EPCI et les communes. Déjà "à l’os", les missions locales ont de plus en plus de mal à boucler leurs budgets. "Concrètement, quand les missions locales perdent des financements, c'est un accueil moins bon et moins important pour notre jeunesse" a insisté Stéphane Valli. Pour compenser ces baisses, la tête de réseau veut davantage se tourner vers les financements issus du FSE + ainsi que vers les acteurs privés. Mais l'UNML n’abandonne pas pour autant son lobbying auprès des parlementaires pour amender le projet de loi de finances, espérant que la copie du Parlement finira par être adoptée. "On peut comprendre l'instabilité mais votez cette loi de finances, essayez d'aller jusqu'au bout", a-t-il insisté, s'adressant aux quelques parlementaires présents.

"Les arbitrages, c'est au gouvernement de les assumer"

Face à cette stratégie, le représentant de l’État a appelé la tête de réseau à faire preuve de responsabilité. "Si on réduit les économies d'un côté, il faudra des économies supérieures de l'autre à l'intérieur de l'ensemble [du budget] emploi et formation professionnelle", a averti Benjamin Maurice, défendant, au passage, la stabilité des budgets en faveur de l’apprentissage et des CFA (hormis la dotation aux régions). Et de rappeler que l’an dernier, les crédits supplémentaires en faveur de l’insertion par l’activité économique se sont traduits par une baisse des crédits accordés au plan d’investissement dans les compétences et leur volet régional.

Une remarque balayée par Stéphane Valli. "Les arbitrages c'est au gouvernement de les assumer", a-t-il répondu. Particulièrement remonté dans ce contexte très tendu pour les finances publiques, le maire de Bonneville (Haute-Savoie) a relayé le ras-le-bol devant la charge administrative : "Lâchez-nous la bride avec les histoires de paperasse !" Il a aussi rappelé le souhait des missions locales d'être reconnues comme l’opérateur unique auprès des jeunes. "Comme ça, il n’aura pas de concurrence" avec France Travail.

 

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