Les recettes fiscales de l'État et des collectivités ont rebondi en 2025

Les recettes fiscales collectées par la Direction générale des finances publiques (DGFIP) ont connu l'an dernier une hausse marquée, puisqu'elles ont progressé de 6,8% à "périmètre inchangé", fait savoir cette administration dans une note. La TVA demeure toutefois atone, avec une croissance limitée à +0,5%.

Les recettes collectées l'an dernier par la DGFIP ont enregistré une croissance "supérieure à celle du PIB en valeur (+2%)", fait savoir Bercy dans une note de la collection "DGFIP Statistiques". En 2024, le produit de ces ressources avait connu une progression plus contenue (+2%). Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les comptes publics, le déficit de l'ensemble des administrations étant pour le moment attendu à 5,4% du PIB en 2025. 

Ce résultat est tiré notamment, côté État, par une progression de 7,9% du produit de l'impôt sur le revenu – qui atteint 95 milliards d'euros – et une croissance de 4% de l'impôt sur les sociétés (62 milliards). Les impôts sur le patrimoine sont eux aussi orientés à la hausse (+5,2%), et ce "grâce à des droits de mutation à titre onéreux et d'enregistrement particulièrement dynamiques" (+18%), précise la DGFIP. Après deux années de fort recul, ces recettes qui sont principalement perçues par le secteur public local (en particulier les départements) ont dépassé le montant de 19 milliards d'euros en 2025, à la faveur de la "reprise du marché de l'immobilier". En outre, la plupart des départements se sont saisis de la faculté de relever de 0,5 point le taux de la taxe pour une grande partie des transactions immobilières.

Taxes foncières : +3%

De leur côté, les taxes foncières et les taxes annexes à celles-ci (taxe "Gemapi" notamment), perçues intégralement par les communes et leurs groupements, se sont accrues de 3% et ont ainsi atteint près de 55 milliards d'euros.

Les impôts sur la production "évoluent plus modérément en 2025 (+1,6%) que ceux sur le patrimoine". Ils sont "ralentis" notamment par la baisse des recettes de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Le produit de cette taxe qui a constitué jusque fin 2022 une ressource essentielle pour les collectivités territoriales, et qui est désormais perçue intégralement par l'État, a baissé de 3,1% l'an dernier. Dans cette catégorie des impôts sur la production, la cotisation foncière des entreprises (CFE) et l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (Ifer) ont quant à elles progressé de 2,1%.

"Les impôts sur la consommation augmentent modérément", car "l’évolution de la TVA est assez faible", indique par ailleurs la DGFIP. Dans un récent rapport (voir notre article), l'Inspection générale des finances expliquait ce coup de mou par l'essoufflement de la consommation des ménages, sa réorientation vers des biens et services bénéficiant d'un taux de TVA réduit, ou encore par une augmentation de la fraude (remboursement de crédits de TVA et importation de petits colis provenant de Chine).

Gel de la TVA affectée aux collectivités

En décembre, la direction de Bercy évaluait que sur les trois premiers semestres de 2025, le premier impôt payé par les Français était en baisse de plus d'1 milliard d'euros "par rapport à la même période en 2024", ce qui équivalait à un recul de 0,7%. Mais en intégrant le dernier trimestre de 2025, la TVA ressort en hausse de 0,5%. Les collectivités, qui perçoivent 25% de la TVA, ne profiteront cependant pas de cette légère progression au titre de 2025, du fait du gel de leurs recettes de TVA décidé par la loi de finances pour 2025. Toutefois, elles bénéficieront de cette ressource supplémentaire via les fractions de TVA qui leur seront allouées en 2026. 

Parmi les "autres impôts et taxes", la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et les taxes annexes à celle-ci ont baissé de 15,2% l'an dernier, pour s'établir à 3,8 milliards d'euros. Mais selon la Cour des comptes, les bases de la taxe avaient "augmenté de manière anormale" (+24,4 %) en 2023, du fait de "l’assujettissement de contribuables à tort". 

Les données définitives de l'Insee sur le déficit public en 2025 seront connues fin mars. Mais les résultats de la DGFIP concernant les principaux impôts locaux en 2025 ne seront dévoilés que début mai.

 

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