L'indice minimum des agents publics devrait être relevé le 1er janvier prochain
Face au regain de l'inflation, le gouvernement a proposé ce 2 octobre une hausse du minimum de traitement à l'indice majoré 372. La proposition a été accueillie fraîchement par les syndicats.
© Eric TSCHAEN-REA/ David Amiel
Trois jours après les manifestations organisées par l'intersyndicale de la fonction publique et au lendemain de la présentation du projet de loi de budget qui prolonge le gel du point d'indice des agents publics en 2027, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a réuni les syndicats pour évoquer les questions salariales.
Sa proposition: relever au 1er janvier prochain le minimum de traitement aujourd'hui fixé à l'indice majoré 366, pour le porter à l'indice majoré 372. La mesure permettrait à 400.000 agents publics de percevoir un traitement supérieur au Smic.
Entre inflation et non revalorisation quasi systématique du point d'indice, la rémunération des fonctionnaires les plus modestes s'est largement "smicardisée" ces dernières années : depuis le 1er juin 2026, 862.000 agents publics perçoivent un traitement indiciaire inférieur au Smic. Afin qu'ils bénéficient du Smic, une indemnité dite différentielle pouvant représenter jusqu'à 65 euros par mois leur est versée. Les 400.000 personnes mentionnées par le ministre ne seraient plus dans cette situation.
"De l'enfumage"
"Les agents percevront le même montant net sur la fiche de paie. Les points d'indice en plus vont seulement compenser le fait qu'ils ne toucheront plus l’indemnité différentielle", décrypte Damien Martinez, de la CGT. Et il fustige cette décision : "Ce n’est pas une augmentation du pouvoir d’achat, contrairement à ce que prétend le gouvernement, mais de l'enfumage." D'autant que, selon le syndicaliste, la hausse du minimum de traitement de 6 points majorés ne sera probablement pas à la hauteur du relèvement du Smic qui devrait intervenir lui aussi en janvier prochain. Inévitablement, un certain nombre d'agents publics percevront de ce fait à nouveau l'indemnité différentielle. La mesure "ne résout pas" non plus "la problématique" de l'insuffisante "reconnaissance" de la qualification et de l’ancienneté des agents, déplore le représentant CGT.
Le relèvement du minimum de traitement élargira cependant l'assiette sur laquelle sont calculées les pensions de retraite des agents publics. "C'est le seul avantage qu'on y voit. Mais c’est très loin de répondre à la colère, à l'exaspération des personnels qui se sont mobilisés fortement le 29 septembre", juge Damien Martinez. Le syndicaliste a donc quitté la réunion avant son terme, comme ses collègues de Solidaires et de la FSU.
Chantier sur les avancements et promotions
Tous les syndicats n'ont pas adopté la même stratégie. Les représentants de FO, quant à eux, ne se sont pas rendus à Bercy.
Restée "jusqu'au bout pour comprendre" les propositions du ministère, Laure Revel, de la CFDT, est ressortie déçue des propositions du gouvernement, "pas à la hauteur", et qui ne "résolvent en rien" la problématique du "tassement des grilles" de rémunération.
Au-delà du minimum de l'indice, David Amiel a également évoqué trois autres "chantiers" autour des salaires de la fonction publique : la prise en compte de "l'expérience professionnelle", l'avancement de grade et le passage de catégorie C à catégorie B, et de catégorie B à catégorie A. Des chantiers qui seront poursuivis en 2027, a indiqué le ministre des Comptes publics, mais sur lesquels la représentante de la CFDT déplore n'avoir eu "aucun chiffrage précis".
Échaudés, les syndicats doivent se rencontrer au cours d'une nouvelle réunion intersyndicale qui aura lieu "la semaine prochaine", selon Damien Martinez.